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mardi 4 juillet 2023

Saint API, payez pour nous, pauvres profiteurs, maintenant et à l'heure de la fin de connexion

On les connait tous. Ceux qui se promène de rangée en rangée au Costco, pour "goûter" à tous les échantillons... gratuits.

Ben quoi? C'est gratis!!

Gratis! C'est le mot magique depuis les débuts de l'internet.

Au début on s'émerveillait, "heille! Pourquoi dépenser des timbres pour envoyer du courrier, on peut tout faire ça gratuitement sur internet". Et vogue la galère, les copies conformes (CC:) se multiplient, on ne limite plus à un seul destinataire. C'est comme ça qu'on invente le SPAM.

Et notre compère au Costco devient de plus en plus malin. Il utilise des perruques, des moustaches postiches pour ne pas être reconnu et contourner la politique "un échantillon par client". Aujourd'hui, ce sont les robots qui font la tournée sur l'internet.

Les API. Qu'est-ce que c'est ça des API?

Application Programming Interface...

Quand on utilise un service sur internet, l'utilisateur moyen, vous, moi, on utilise une interface visuelle pour interagir avec le site web préféré. Mais les programmeurs, ce sont des petits malins. Il y a des portes dérobées, des portes de derrière pour offrir les mêmes services pour les clients "à haut volume", qui ne font pas juste cliquer ici, naviguer là, niaiser par ci, reluquer par là. Ces portes dérobés ne sont pas accidentelles, elles sont conçu expressément pour cet usage. C'est la porte de service pour les robots.

Mais il n'y a rien qui ressemble plus à un robot qu'un autre robot. Qu'est-ce que ça peut faire si la porte sert aussi à d'autres fins sans même violer le protocole d'utilisation.

McBroken

McDonald et ses crèmes glacées. C'est bien reconnu par ces temps chauds. Mais Dieu que c'est choquant quand on se présente sur place pour se faire dire "La machine est brisée"... Nooooonnnnn!!!!

Un petit génie s'est alors dit: Faisons un site web qui recense tous les McDonalds et indique lesquels ont une machine à crème glacée défectueuse.

https://mcbroken.com/


On programme alors un robot, qui fait des commandes en ligne de crème glacée sur le site officiel de McDo. Si la commande fonctionne on l'annule et on marque le commerce comme ayant une machine fonctionnelle. Si la commande ne fonctionne pas, c'est que la machine à crème glacée ne fonctionne pas et que le gestionnaire a eu la gentillesse de le mentionné sur son site web.
Ensuite tu passes au McDo suivant. 
Le stratagème n'est pas passé inaperçu de McDonald qui a demandé une enquête aux autorités américaines. Article Radio-Canada

Le travail de l'ombre des robots ne passent pas toujours inaperçu. Vous vous souvenez de la pénurie de pièce électronique, dont les cartes graphiques d'ordinateurs, devenues rares et cher ces dernières années?

C'est que ces petites bêtes de GPU (Graphic Processor Unit) sont très puissantes et peuvent faire des millards d'opérations par seconde, idéale pour se lancer dans le minage de crypto-monnaies. Parce que le minage de Bitcoin c'est une course, à celui qui fait les calculs de décryptage nécessaire pour valider les transactions Bitcoin, le plus rapide gagne des Bitcoins, vous l'avez deviné. Plus puissante, plus rapide ta machine, plus tu gagne la course. Dans ces courses là, les chinois sont très fort.


La pénurie des cartes graphiques se résorbe? Quelle coincidence, les crypto-monnaies n'ont plus la cote...

Quand il n'y a plus d'argent à faire, tout le monde plie bagage. Les robots en première ligne.

Crise des API

C'est un peu ce qui se passe par les temps qui courent. Tout le monde commence à se rendre compte que gratuit ne profite pas toujours à long terme. Il y a quelque qui payent la note.

Un adage dit: si tu veux devenir millionnaire, c'est facile. Achète un million de poulets à un dollar et revend les à 2 dollars.

Et si ton poulet, en fait, ne te coûte pas 1$ mais en fait gratuit. C'est pas long qu'il va y avoir une pénurie de poulet, quelqu'un s'accaparant le marché du poulet à vendre.

Donc tu fais ton bonhomme de chemin et du jour au lendemain ton fournisseur de poulet ne te le donne pas "gratis" mais te les vend à 0.0001$.... bah! c'est pas la mer à boire. Mais si tu veux acheter 1 milliards de poulets, la facture devient salée tout à coup.

C'est un peu ce qui se passe à l'heure actuelle. Les grands sites comme Facebook, Twitter, Reddit se rendent compte qu'il y deux sortes d'utilisateurs: les humains et les robots. Les humains qui vont sur les sites gratuitement, déversent leurs données à la tonne, voient des pubs. Les humains sont le produit. Ils vendent leurs profils de consommateur aux géants du web.

Les robots, eux, quand ils passent par la porte dérobé qu'est l'API, il ne la voit pas la pub, eux. Ils pompent, ils pompent des données via les API, et pour eux c'est gratis!!

Reddit a dit c'est fini le pompage, vous allez payer pour vous abreuver à nos contenus. Mais ceux pour qui c'était gratuit, ça ne fait pas leur affaire. Des petits malins qui avaient conçu des alternatives pour lire ce contenu se retrouve tout à coup avec des factures de 20 millions. Aie aie aie! Ça fait mal.

Reddit? Qu'est-ce que c'est ça vous vous dites? C'est un site de discussion qui existe depuis bien avant Facebook. Des milliards de discussions... et du texte, et du texte, et du texte...

Vous savez qui est friand de texte par les temps qui courent? Les IA... Les intelligences artificielles. Artificielle oui, intelligente, ça on en reparlera. Et ChatGPT, vous connaissez? Parce que pour faire l'entrainement des ces machines, on leur fait lire du texte. Beaucoup, beaucoup, beaucoup de texte. Un enfant apprend à lire et faire des dissertations en quelques mois. La machine, elle, doit en consommer des tonnes pour avoir un semble de debut de lueur d'intelligence. Et Reddit, soudain découvre la valeur de son trésor. Si au lieu de donner gratis, tu charges 0.0001$ par message lu. C'est le Klondike!!

Hein? Quoi? On peut faire de l'argent avec un passé de conversations de tout le monde sur la planète??

Elon Musk, qui a dépensé 44 milliards pour acheter Twitter et qui en a perdu 20 milliards en valeur boursière, se dit: Hum!! C'est que j'ai besoin d'argent moi là! C'est pour ça qu'il veut que cesse le pompage de contenu de sa plateforme qui lui coûte aussi cher. Oui qui lui coûte cher. Parce que les propriétaires de Data Centers, les Amazon et Google Cloud de ce monde le savent eux. Le mouvement de contenu sur l'internet ça se payent. En fraction de cents par millier de megabytes... mais quand c'est des méga, des téras, des pétabytes de données par seconde, ta fraction de cents ressemble à des millions et des milliards de dollars pour ceux qui vivent de ces contenus.

49% des utilisateurs d'internet... sont des robots. Pas vous et moi... Des robots...

Ce n'est pas nous, petits utilisateurs qui allons souffrir à lire quelques dizaines ou milliers de Tweets... Ce sont les fabricants de petits robots, ces suceurs d'API qui travaillent dans l'ombre. Eux, leurs appétits étaient insatiables.

En tout cas, jusqu'à maintenant...


dimanche 16 décembre 2012

Blessure d’enfance

On le sait, les blessures d'enfance sont les plus difficiles à guérir. Elles impriment les traumatismes les plus profonds, et influencent le plus les comportements et les choix de ceux qui pourtant n'en sont qu'au début de leur vie.

On ne peut qu'imaginer les conséquences des enfants survivants des tueries comme celle de l'école Sandy Hook de Newtown au Connecticut. Vivre dans un lieu qui jusque là était associé avec la sécurité. Un lieu où se construisait tous les liens humains naissants. Un lieu où la plus grand peur n'était que de se faire chicaner pour ne pas avoir fait ses devoirs ou apprises ses leçons. Pas un lieu où on enjambe à la course l’endroit où reposent les corps mutilés, ensanglantés, de ses amis, de ses professeurs.

 

Un drame qui prend aussi racine d'une autre blessure d'enfance.

L’enfance d’une pays, une naissance qui remonte à 237 ans. Les colonies de Nouvelle-Angleterre avait très mal réagit quand la mère patrie, la Grande Bretagne tentait d'imposer de nouvelles taxes spécifiquement pour les colonies. D'abord par le biais de timbre-fiscale, du sucre et la mélasse, puis la fameuse taxe sur le thé qui a mis le feu aux poudres à Boston. Depuis lors, ces futurs américains ont toujours craint les abus de pouvoirs de l'état. Obsessif de liberté, tout pouvoir est une menace. On peut même dire que la démocratie américaine a été modelé sur l'idée de donner au peuple suffisamment de pouvoir pour se prémunir contre le pouvoir des dirigeants, même les leurs.

Évidemment, ne quitte pas l'autorité britannique qui veut. Et c'est ainsi que la révolution nait. Une révolution qui s'arme, contre le pouvoir britannique. La milice révolutionnaire a besoin d'armes, de beaucoup d'armes. Elle en manque cruellement. À tel point que les soldats doivent utiliser leurs propres armes au besoin.

C'est le sens que prend le second amendement de la Constitution américaine. L'arme personnelle est le dernier rempart du citoyen contre l'usage abusif du pouvoir des dirigeants. Tous les pouvoirs, dû-t-il être le gouvernement américain lui-même.

Ne fait confiance à personne pour te protéger, toi, ta famille, ta liberté. Pas même ton gouvernement, ton armée, tes voisins. Il est là la blessure de l'enfance d'un pays qui se nommera États-Unis d'Amérique. L'arme est le symbole du droit absolu de se défendre. Ils l'ont inscrit dans la Constitution dans le second amendement. Nul ne leur retirera ce droit. Ce droit!

"From my cold dead hands", haranguera Charlton Heston, la carabine à la main dans un congrès du NRA, le National Riffle Association. On devra me prendre mon arme des mains de mon cadavre, si on porte atteinte à mon droit de protéger ma liberté.

Toute législation visant le contrôle des armes à feu, à la lumière de l'histoire, devient suspect. Elle devient le signe d'un pouvoir qui chercher à empêcher le citoyen de se défendre. Et on se braquera encore plus.

Plus d'armes... plus d'armes pour se protéger de ceux qui ont des armes. Tel est le paradoxe. Tel est l'obsession maladive des Américains pour les armes. Ils sont encore au Far West où le sheriff le plus près à quatre jours de cheval. Trop loin pour les protéger. "Si j'avais eu mon arme dans le cinéma quand la tuerie a eu lieu...", se disent-ils.

Plus d'armes... Plus d'armes pour être sûr de se protéger le temps venu.

Ça ressemble à une maladie mentale nationale... Une vision en effet tunnel... Aucunes autres issues... Les tueries arrivent souvent par ceux qui ont des armes en quantité.

À Newtown, la première victime a été la mère du tueur. Les témoignages parlent de cette mère comme une adepte du "survivalisme". Survivre à tout prix, en cas... en cas de quoi? D'une révolution? D'une catastrophe? D'une invasion? D'une guerre? Les trois armes utilisées par le tueur, c'est cette mère qui les a acheté. Légalement.

Pour se protéger!

Et c'est son fils qui sera son exécuteur.

C'est même pas drôle. Les Américains s'administrent une médecine qui les tue. Ils s'agrippent à leurs fusils. Ils peuvent en acheter partout. Ça se vend même au Wal-Mart!!

Les tueurs sont des blessés, oui. Des blessés par l'histoire même de leur pays. Une blessure d'enfance qui se perpétue.

Neuf enfants meurent par arme à feu par jour aux États-Unis. Neuf par jour! 57 enfants par jour "ne sont que blessé". Les vingt de Newtown, c'est juste une grosse journée...

Plus d'armes... Comme une maladie qu'ils se transmettent de générations en générations. Une maladie fondatrice de la nation. Une maladie qu'ils doivent guérir, comprendre, maitriser, apaiser.

S'ils veulent survivre...

lundi 2 juillet 2012

La fatigue des choix

Crémeuse ou traditionnel? Une table ou une banquette? Au bar ou salle à manger? Cuisse ou poitrine? Portion modéré ou régulière?

Damné choix…

C’est dans ces petits moments là que tu te rend compte que tu es plus fatigué que tu penses.

Petite tranche de vie: Je vais dans un Tim Hortons et je me place dans la file pour commander. Devant moi, un femme regarde le menu accroché derrière le comptoir, elle hésite… Puis après un moment, elle se place de côté et me dit: “passez devant, je n’ai pas fais mon choix”. Merci. Je commande un café et un muffin. La serveuse me regarde, et ses mains oscillants comme pour marquer l’attente d’une suite à ma commande, rétorque: “et… quelle taille?”

Quelle taille le café? Awwww! S.v.p. ne me faites pas réfléchir là, je suis fatigué. Quelle taille, quelle taille? Ordinaire quoi! Je regarde le menu à mon tour et je constate qu’il y a cinq tailles disponibles… Cinq tailles disponibles!! Très petit, petit, moyen, grand, très grand!

Misère, pourquoi vous me faites réfléchir là?

C’est pour ça que je veux un café et un muffin. Parce que je suis fatigué. Parce que je ne réfléchis plus droit.

Je n’ai pas envie d’un introspection exhaustive. J’ai soif? Un peu? Beaucoup? À la folie? C’est quoi la correspondance en millilitres du breuvage et la dose de caféine qui va me remettre en selle? Latté, expresso, cappuccino, vanille, cannelle, … Fouille moi! Je le sais-tu moi?

Awwwwww! J’veux juste un café!

J’allais dire comme d’habitude mais le café ce n’est pas vraiment une habitude pour moi.

Pourquoi, il n’y a pas de valeur par défaut. Avant on disait “régulier”, pas “moyen”. En informatique, quand un choix est offert à l’utilisateur, il est d’usage d’initialiser les cases d’un formulaire avec des valeurs par défaut. Une valeur qui n’est pas dans les extrêmes, une valeur qui a toutes les chances d’être la bonne. Le choix est toujours possible. Mais au moins, en l’absence d’une décision réfléchie le système aura une valeur  pour fonctionner correctement et ce fonctionnement sera “comme d’habitude”. Rien d’hors norme.

C’est fatiguant choisir, décider. Plus le choix est irréversible, définitif, plus le choix est fatiguant. On appelle ça la fatigue décisionnelle. Et plus on décide moins nos décisions sont bonnes.

Décider, ce n’est pas rien. Saviez-vous qu’il y a la même racine étymologique entre décider et homicide? Du latin, “caedere”, qui veut dire trancher, tuer. On tue des possibilités. Et comme tout ce qui est irrévocable, ça demande un énergie mentale qu’on n’a pas à l’infini. Ça use le mental.

Pourquoi au Tim Hortons, ils ont cinq tailles de café, dites-moi? Un café “régulier” ça n’est plus suffisant? Il n’y a plus assez d’adepte de la taille “régulier” pour obliger chaque client, tous et chacun, à choisir la taille qu’il désire? Petit et régulier ce n’est plus suffisant comme taille? Ne pas choisir veux maintenant dire pas de café finalement? Il faut cinq tailles différentes? Et ce pour chacun des autres choix du type latté, expresso, cappuccino, allongé, vanille?  Ou bêtement café ordinaire?

Ils peuvent bien avoir réduit les caractères sur leur menu derrière pour “rentrer tout ça”. Je songe sérieusement à changer de lunettes pour réussir à déchiffrer une pareille grille de décision. Ça prend déjà plusieurs secondes rien que pour localiser la section “café”.

Quand je fais la conception d’une nouvelle interface d’un logiciel, c’est fou le nombre de décisions qu’il y a prendre. Pas juste la grosseur des caractères, et la position des champs de saisie. C’est aussi dans le design de “l’expérience utilisateur” qu’il y a le plus de travail. Le choix du schéma mental que sous-tendra le fonctionnement d’un écran, sa logique interne, c’est souvent les choix les plus définitifs qu’on a à prendre, et ce, avant même d’avoir écrit une seule ligne de code. C’est la partie la plus fatigante car la plus définitive. L’interface, c’est une zone sensible pour les utilisateurs. “Woua! Pourquoi ils ont changé mon programme? Avant, telle option était accessible directement et maintenant c’est trois menus plus creux! Ça prend x clics de plus! J’ai pas juste ça à faire réapprendre à utiliser le logiciel moi!”

C’est le syndrome, ajouter c’est ok mais modifier jamais! Plus de fonctionnalités oui, plus de complexité non!

Ça marchait bien AVANT!

C’est pour ça que lorsqu’on change quelque chose, on ajoute des choix mais, surtout, surtout, on met une valeur par défaut. La valeur de ce que ça faisait AVANT quand on n’avait pas à faire le choix! C’est moins cher en énergie d’acquiescer la valeur par défaut que d’avoir à re-choisir la même valeur qu’on avait avant. Choisir à répétition, ça brule de l’énergie. Ça fatigue…

“Combien de sucre et de crème?”… Je réponds: “crème seulement”…

Pourquoi j’obtiens encore le mosus de même regard de la serveuse? “Une crème, deux crèmes,… dix crèmes?”

Pourquoi “un” c’était pas une valeur par défaut!! Quel pourcentage de la population met dix crèmes dans son café, veux-tu bien me dire? Pourquoi me forcer à choisir, la même valeur par défaut qu’avant?

UneCremePasDeSucre

Misère!!

Qu’une niaiserie comme ça m’irrite à ce point me montre à quel point je suis fatigué.

Vivement que je prenne des vacances…

“Pis? Tu t’en vas où en vacances?”

Awwwwww!!! Des vacances… juste des vacances…

Des vacances c’est pour ma pauvre tête. Après, on verra où finalement ça s’est passé..

mardi 1 mai 2012

20,000 lieues sous la mer de clics

Devrait-on dire socionaute ou réseaunaute quand on navigue depuis quatre ans sur l’incontournable Facebook? Quatre ans déjà? Il a eu bien des visages ce fameux océan où se côtoient d’innombrable hurluberlus, où s’épanchent les états d’âme éphémères, et où se mitraillent sans fin les clins d’œil complices.

Poke!!

Veux-tu devenir mon ami? Te souviens-tu on allait à la maternelle ensemble? Qu’est-ce que tu fais de bon? Ah oui? Ah bon!

Oui, ce réseau a eu bien des visages.

 

Il y a eu le foisonnement des tests psycho-pop. Quelle fleur es-tu? Que signifie ton nom en amérindien?  Biscuit chinois du jour. Test de Q.I. Quel personnage de Star Wars te ressemble le plus? Lequel de tes amis est compatible.

 

 

Une véritable anarchie d’encadrés disparates. Il faillait voir tous les choix de designs que les concepteurs ont imaginés avec le temps.  Puis dans un petit coin, un mur…

Petit, petit mur. Il a grandi, grandi, le petit mur. Tellement grandi, qu’il a relégué l’aspect Profil et Information de l’abonné en arrière plan. Même la liste des amis a fini par cédé. Le statut est devenu roi. Exprimez-vous!!

ExprimezVous

Enfin, on allait enfin apprendre un peu plus sur la personnalité de nos amis. Leur humour, leur esprit, leurs préoccupations, leurs occupations…

“Hum, rien à faire aujourd’hui. Quelqu’un a une idée?”… “Rien ne sert de courir, on peut prendre l’autobus”… “Barbecue en fin de semaine, préparez vos extincteurs”… “Menoum, menoum, du bon sushi!”

Clic… Clic… Clic… Clic.. J’aime… J’aime… J’aime… J’aime…

Puis, apparaissent les avis plus intéressés. Ceux qui mélangent les amitiés et occasions d’affaires. Et je te vend une maison ici, et j’annonce mes invités à mon émissions de radio là, et que je te refile les communiqués officiels de mon associations. C’est drôle, mais je croyais m’être abonné à une personne, pas une entreprise ou un agence de presse.

Et les You-Tube…

L’avalanche de liens You-Tube, des liens, des liens et des liens You-Tube. Sans aucun commentaire. Pas un petit mot sur le pourquoi cette toune-là te touche. Pas une petite présentation sur l’artiste, le concept, sur la raison pour laquelle ça devrait m’intéresser. Communiquer c’est partager une idée, rendre commun une expérience, mais surtout fournir la clé qui permet de décoder et comprendre ton point de vue sur cette œuvre. Poster une vingtaine de liens You-Tube en quinze minutes? Coudonc, es-tu en train de jouer au D.J.? Bonjour mon ami jukebox?

Fais moi entrer dans ta tête!!

Juste un LOL en guise de légende à une photo, c’est pas assez…

Donne moi une raison pour lire l’article! C’est ton point de vue sur l’article qui me fait cliquer sur J’aime. C’est ce que j’apprend sur tes intérêts qui me fait cliquer sur J’aime!

Soyez créatif! Parlez de vous!

Ne soyez pas le 4,059,484 ième à parler de Charest et la grève étudiante! Je les regarde aussi les nouvelles!!

Lâchez les copier/coller! Mon publisac en est déjà plein à rebord de patantes que j’envoie au recyclage direct sans regarder.

Soyez créatif! Ne me donnez pas envie de modifier votre visibilité sur mon fil d’actualité.

FilActualite

Faisons du mois de Mai, le mois de l’originalité, la créativité… Faisons des nouvelles de nous, soyons les vedettes de Facebook… Les autres nouvelles peuvent attendre. Cultivons le gout de nous!

Naviguer dans les tréfonds des réseaux sociaux, c’est jouer un peu au capitaine Némo. Découvrir des trésors de paysages, faire des rencontres inspirantes, au hasard des clics. Un écran de verre nous sépare et nous prive de bien des échanges directs mais profitons des interstices forgées par les sillons des statuts pour faire circuler au moins quelques clins d’œil complices et des lueurs fugaces des amitiés, entretenues et chéris, par delà les espaces virtuels.

samedi 21 avril 2012

Il y a cent ans, le Titanic… orgueil et gouvernance

On se remémore la tragédie, on célèbre un évènement historique… après tout, c’est l’Histoire. Et l’Histoire, c’est sensé être le grand donneur de leçon.

Leçon pas juste pour faire la morale. Mais pour s’éviter de souffrir à nouveau quand les mêmes décisions, les mêmes actions, les mêmes conditions se présenteront.

Le plus grand navire du monde s’élance pour son voyage inaugural, sous les yeux ébahies, étendard de tous les rêves.

Rêve ou orgueil?

Parce que ce n’est pas le rêve qui l’a fait couler. C’est l’orgueil bardé d’un manque d’imagination et poussé par l’appât du gain.

L’orgueil: Le plus grand danger quand tu réussi souvent c’est de croire pouvoir réussir tout le temps…

Le manque d’imagination: Qu’est-ce qui pourrait bien arriver? On ne voit rien à l’horizon!

L’appât du gain: Imagine les possibilités du marché si tu pousses les machines à fond et que tu arrives deux jours avant l’horaire prévu!!

Et puis vlan!

C’est comme pour les gouvernements.

On se construit les plus gros outils du monde, capable de prendre en main la destinée d’une population, de répondre à ses aspirations, ses rêves. Plus c’est gros plus il se donne les moyens. Des moyens qui finissent par faire l’envie de faire affaires avec lui. Les “amis” s’accumulent, espèrent, “suggèrent” des directions à prendre. La vision première se corrompt et sert d’autres intérêts… L’appât du gain est maintenant au gouvernail.

C’est un processus qui ne fait pas que des heureux. Cela sème des petits icebergs de mécontentement.

Mais, “bah! Qu’est-ce qui pourrait arriver? On a l’argent, les “amis”, l’influence. C’est nous qui décidons!”. L’orgueil qui se pavane avec son manque d’imagination…

“Anne, ma sœur Anne! Ne vois-tu rien venir?
Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie”

Il y a déjà un inquiétude… Quand même. On a pas l’esprit tranquille et ça ne pourra pas continuer comme ça longtemps. Après tout, il commence à y avoir pas mal de petits icebergs qui flottent au hasard. “Bizarre, ils ne fondent plus aussi vite qu’avant? Y aurait-il un froid qui persisterait entre nous?”

Et à force de piger dans la jarre à biscuit, quelqu’un finirait bien par remarquer qu’elle se vide.

 

 

 

“Et si on s’achetait des nouveaux amis? Vendons un peu de notre patrimoine à tout venant. Appelons ça – Le plan Nord! On s’est planté avec le gaz de schiste alors essayons avec quelques choses de plus traditionnel, le minerai… Take the money and run!!”

“Ne vous inquiétez pas! On a pensé à tout!!”

En chimie, il y a un phénomène qu’on appelle la précipitation et la cristallisation. Quelques fois les conditions sont latentes et un petit choc causé par un élément étranger peuvent induire. dans un équilibre “apparent”, un grand mouvement violent qui peut amener l’avènement de toute une nouvelle structure.

Un petit choc, genre “haussons les frais dans l’éducation”…

Et vlan!

barbe bleue carre rouge“Anne, ma sœur Anne,
Tu ne l’avais pas vu venir
que Barbe bleue
tanné que tu joues dans ses affaires
porterait aussi le carré rouge?

Et que la prochaine élection
pourrait devenir ta guillotine?

Reste à espérer
que tu as maintenant assez d’amis
pour te payer un beau coussin
où reposera confortablement
ta tête…”

Et si ta tête se retrouve un jour sur un billet de banque, auras-tu encore ce petit sourire en coin?

C’est pas parce qu’on est petit, qu’on peut laisser se faire manger tout rond tout le temps

 

Quand viendra l’heure du naufrage, est-ce que Céline Dion chantera au générique?

jeudi 2 février 2012

M. le sénateur Boisvenu, j’ai honte…

J’ai honte…

Honte d’être représenté par quelqu’un comme vous.

« Moi, je dis toujours, dans le fond, il faudrait que chaque assassin aurait le droit à sa corde dans sa cellule, il décidera de sa vie. » [P. Boisvenu 2012]

C’est connu, la vie vous a plus que blessé. La vie vous a arraché vos enfants. C’est tragique. Inadmissible…

Je vous reconnais le droit de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour que des choses semblables ne puissent jamais se reproduire. De faire en sorte que la population soit consciente du caractère ignoble de ce que vous avez vécu, vous, et tous ceux qui survivent à de tels évènements. Déjà, j’avais de grande difficulté à comprendre certain de vos raisonnements

Mais il y a des propos qui sont un incitation à la haine.

Une incitation au suicide!! L’article 241 du Code criminel du Canada prévoit une peine de quatorze ans de prison pour ça.

Ici on ne parle pas d’un petit clin au coin de la rue, un quidam, un frustré en conversation privé.

Non! On parle d’un sénateur, membre du Sénat canadien, en pleine entrevue média, caméra sur votre tête plein cadre à la télé. Un sénateur! Dans l’exercice de sa fonction! Nommé pour passer en revue, en second regard, les lois votées par le parlement. Nommé en tant que sage, situé hors des passions des débats de la politique démagogique.

Vous vous êtes rétracté? J’ai beau écouter en boucle toutes les entrevues que vous avez faites ensuite. Je n’entend pas de rétractation.

Pas un “mes propos ont dépassé ma pensée”… pas un “j’ai été mal cité”…

“Je reconnais que mes propos sont inappropriés dans le cadre de mes fonctions de sénateur”, dit-il. Il ne nie pas que c’est son opinion personnel. C’est un aveu que, soit son opinion n’est pas approprié qu’il doit en changer, soit c’est sa conviction profonde et il est inapte à assumer sa fonction correctement. Il a droit à son opinion.

Sauf que par sa fonction de sénateur, ce n’est pas en tant que citoyen qu’il entérine les lois.

Peut-être devrait-il réfléchir… Se demander si sa blessure de vie, lui permet d’avoir un recul suffisant pour l’exercice de sa fonction. Peut-être que sa blessure le rend inapte à continuer à représenter les canadiens. Bien sûr, M. Harper peut trancher. Mais M. Boisvenu a le devoir d’interroger sa conscience, de décider de sa vie politique.

Parce que la haine, la colère, la rage sont de très mauvais instruments pour se construire une vision sur l’avenir. La vengeance, même transposée, est un feu qui dévore. Peut-être qu’en redevenant simple citoyen, M. Boisvenu pourrait enfin retrouver ses moyens. Se défaire de ses conflits intérieurs qui le minent.  Retrouver sa dignité.

Il pourra alors redécouvrir la prière de saint François…

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer, car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. [saint François d’Assise]

Peut-être devrait-on constituer un registre fédéral de manière à recenser où sont les cordes dans les prisons et quels sont ceux qui en font la distribution.

Et dire que la première chose qu’on fait quand on procède à l’incarcération d’un individu, c’est de lui retirer cravate, ceinture, lacets de chaussure… Justement au cas où…

mardi 2 août 2011

Le silence n’est plus d’or

A-720… Un numéro anonyme…

Autoroute Ville-Marie, tunnel Viger c’est déjà plus parlant. On sait dès lors qu’il s’agit d’une artère vitale dans la vie du centre-ville de Montréal.

Comme pour toutes les artères d’un corps humain, quand l’artère se bouche c’est la crise, l’urgence, la panique. On se tourne alors vers les autorités compétentes pour nous sortir du pétrin, pour nous expliquer ce qui se passe vraiment, pour nous rassurer.

Techniquement, la politique c’est ça. La politique c’est l’art de la parole. Parole de discussion, parole de négociation, parole de coordination. Parole d’une vision aussi. Parce que ce qu’on veut de la classe politique c’est d’être au dessus de la mêlée. Pas au-dessus parce qu’ils sont des gens importants, des gens puissants. Au dessus, parce qu’on leur demande d’avoir de la vision, de savoir où ils vont, mais surtout pour qu’ils puissent répondre de leur vision et leurs actions. C’est le mandat qu’on leur confie à chaque élection.

Comme Yvon Deschamps disait: les politiciens sont des gens responsable. Quand ça va mal, ils sont toujours responsables de ce qui nous arrivent.

Responsable, du latin responsus, répondre de ses actes.

Répondre, c’est parler.

Malheureusement, aujourd’hui les politiciens sont bilingues, mais de bilingues dysfonctionnels… Leur langue naturelle c’est la langue de bois. Une langue réflexe…

Une langue qui se veut rassurante… à ce qu’il parait.

Mais c’est plutôt une langue méprisante. Méprisante quand les politiciens pensent que la population n’a pas la maturité pour comprendre les vrais enjeux. Méprisante parce que c’est la population qui leur a donné mandat de gouverner et que par conséquent c’est nous leur boss. C’est à nous qu’ils ont justement à répondre. C’est leur job de nous répondre.

La langue de bois, c’est le subterfuge pour masquer la culture du silence. Cacher le résultat des rapports d’ingénieurs sur l’états des infrastructures, sous prétexte que c’est trop technique pour la population c’est méprisant. C’est sûr que je ne suis pas ingénieur. Je ne comprend pas tout sur le béton précontraint, les subtilités des résistances des matériaux, les stratégies de routage de la circulation automobile en milieu urbain. C’est pour ça que le langage utilisé pour communiquer avec nous est crucial.

Mais juste dire “Le tunnel est sécuritaire” quand une poutre de 25 tonnes est tombée, c’est un peu court. Il n’y a pas eu de mort juste parce qu’il n’y avait personne en dessous à ce moment là.

Dire “la structure est inspectée régulièrement” quand des morceaux de béton tombent du pont Mercier et qu’on voit à travers, c’est un peu court aussi. Régulièrement, ça peut vouloir dire une fois par dix ans.

Commander des rapports, c’est une chose. Ensuite il faut les lire et en rendre compte. À l’école, on avait des devoirs comme ça, lire des livres. Mais comme il ne suffisait pas de les lire, le professeur nous demandait de faire des résumés pour s’assurer, un qu’on les avait lu, deux qu’on avait compris l’histoire, trois qu’on pouvait en tirer des leçons.

Peut-être qu’on devrait faire passer des examens aux politiciens pour savoir s’ils les ont lu, s’ils ont compris et surtout s’ils sont capable d’en tirer une leçon… et surtout s’ils ont un plan d’action pour corriger les failles que ces rapports ont décelées. C’est ça, en rendre compte. C’est ça, répondre, être responsable.

Dans le domaine des plans d’action, le silence n’est jamais un allié politique. La langue de bois non plus.

La prudence politique, ok, d’accord.

Mais le silence non.

Le silence n’est jamais une bonne “réponse” quand on est “responsable”.

Le silence n’est pas toujours d’or… Le silence ça révèle quelque fois une étonnante pauvreté. Une grande pauvreté de confiance envers ses interlocuteurs.

Et la confiance, c’est le principal ciment (ou béton) de la vie politique. Là aussi, il y a des grandes poutres qui tombent.

lundi 20 juin 2011

Chasse à l’homme… en autobus

Règle no. 1: Tu ne niaise pas un chauffeur d’autobus.

8h30 pm. L’autobus 215 décolle du terminus de Fairview dans l’ouest de Montréal. Rendu au coin de Brunswick, deux jeunes hommes dans la vingtaine cognent à la porte du pour entrer dans le bus. Bien voyons donc! L’autobus n’a même pas d’arrêt à ce coin et en plus il n’est même pas sur le bord du trottoir mais sur la troisième voie du centre. C’est sûr qu’aucun chauffeur qui se respecte ne laissera pas entrer personne là. Après avoir fait signe que non aux individus, ceux-ci s’élancent à la course, traversent le boulevard St-Jean (sur la lumière rouge) et vont jusqu’à l’arrêt suivant 150 mètres plus loin.

Essoufflés, mais arrivant avant le bus, ceux-ci montent. Le premier valide son passage avec sa carte Opus. Le second fouille dans ses poches. Je suis au second banc devant et je vois la scène. Continuant de faire semblant de chercher dans ses poches, il appelle son copain à sa rescousse. L’air de rien, celui-ci glisse sa passe de bus dans la poche de son comparse. Continuant de fouiller, il “trouve” enfin sa passe et l’agite devant la machine. Buzzzz! Buzzz!! Évidemment la machine refuse avec son voyant rouge.

Le chauffeur lui explique qu’on ne peut pas utiliser la même passe deux fois dans le même bus.

“Ah! Come on!”, lui dit le gars. “Tu mets du cash dans la fente, mon gars”, rétorque le chauffeur.

Fouille, fouille, fouille… Petite monnaie ici et là, il finit par mettre 2$ dans la machine.

“C’est trois dollars, mon gars”.

“Ah! Tu me niaise là!”

“Non c’est toi qui me niaise”, dit le chauffeur. “Trois piastres ou pas de reçu”

“Ah, come on, là! Manque juste une piastre là!”

Évidemment, le type va rejoindre son copain à l’arrière sans payer son dû… Le chauffeur est fru mais mais que voulez vous?…

L’autobus décolle. Arrivé aux Galeries DesSources, ding, ding ding! Ça veut débarquer ces gars-là! Le chauffeur s’arrête et ouvre la porte avant. “Non, non, l’autre arrêt”

“Heille tu me niaise là?”, fulmine le chauffeur.

On ne sait jamais ce qu’a été la journée d’un chauffeur. Des fois il est souriant, d’autre fois bourru. Problème de syndicat, problème personnel, on ne le sait pas. Accumulation de friction avec les clients on ne le sait pas non plus. Toujours est-il qu’il vient toujours un moment où vient la goutte qui fait déborder le vase, qui fait qu’une journée dérape.

En arrivant à l’arrêt suivant, nos deux compères se séparent, l’un à l’avant, l’autre (celui qui lui manque une piastre) à l’arrière. Je suppose qu’il trouve que ça s’échauffe un peu. La porte s’ouvre, celui de devant se gargarise de “va chier” et d’autres expression typique, puis se retourne et crache au visage du chauffeur. Puis il se sauve en courant.

Ding ding ding!! Le chauffeur pète sa coche. L’autre derrière frappe dans la porte pour sortir. Pense-tu vraiment que tu va sortir toi là! Le chauffeur décolle en trombe à la poursuite de notre cracheur. En zigzagant pour le rattraper avec le bus, plusieurs passagers se mettent à crier de panique. Nous voici en pleine chasse à l’homme. Le type traverse en courant de l’autre côté de la rue. Qu’à cela ne tienne! Notre chauffeur continue sa poursuite, passe par-dessus le terre-plein avec l’autobus. Ça crie de plus belle dans l’autobus.

L’autobus poursuit sa course, coupant les trois voies, embarque sur le trottoir, puis la terrasse d’un bloc appartement pour s’arrêter finalement dans le stationnement. Bleu, rouge, vert, le chauffeur ouvre la porte et sort avec une barre de métal de deux pieds et demi de long après notre gars. Des passagers qui appellent, qui le 911, qui la police. d’autres qui invective le chauffeur. “Appelle là la police, c’est ça que j’veux!”

Trois voitures de police plus tard, ça se calme un peu. Je n’ai pas poursuivi ma route dans cet autobus là. J’ai préféré aller prendre un café dans la Belle Province juste à côté.

C’est agressif cette ville là. Deux petits cons qui se foutent de tout et de tous. Un chauffeur qui devrait surement prendre des vacances ou bien revoir sa carrière.

Il y a des gouttes comme ça qui font déborder les vases. On peut discourir autant qu’on veut sur le pourquoi, le comment des effets de la dernière goutte.

Faudrait se demander aussi pourquoi le verre est aussi plein, aussi! Des petites choses… goutte à goutte… qui s’accumulent.

Après ça on se demande pourquoi il y a des innocents qui se ramassent des balles perdues en pleine rue…

lundi 14 février 2011

Paysage de sucre en poudre

C'est dimanche soir, le sommeil me fuit.

Que faire, sinon faire ce que j'aime le plus... marcher dans la neige fraichement tombée. Jeux d’ombres et de lumière tremblotante sous les lampadaires. Un léger halo de flocons couronne ces gardiens de lumière. Le vent lui-même se repose pour la nuit.

ruehivernuit

Les sons de la ville sont à l'étouffée. Le ciel de Montréal, malgré la nuit, est lumineux. Le sol blanc immaculé d'une neige innocente masque les outrages des abrasifs abusifs. Seuls les marques des bottes font des ponctuations sur le trottoir.

Puis au loin, se font entendre les rugissements des mécaniques. C'est l'heure de renchausser les "iglous" alignés le long des routes. Question de cultiver un peu la frustration matinale des automobilistes endormi.

 

À leur réveil, les automobilistes pourront constater le résultat de ces travailleurs nocturnes. Mais dans le fond, on sait bien à quel point ceux-ci savent que le printemps s’en vient et ils ne se découragent pas. On le verra quand, malgré leurs bras meurtris après un déglaçage frénétique, ils les brandiront vaillamment à leur passage et feront bourgeonner à l’unisson leur doigt d’honneur…

jeudi 9 décembre 2010

5 jours… 17 millions de dollars…

Ce matin, j’ai eu un fantasme. Mais là un rêve vraiment jouissif.

Implanter à Montréal un règlement municipal. Rien d’exotique. Rien d’inédit.

De toute façon, ce règlement existe déjà dans une multitude de municipalité au Québec. Des centaines de villes au Québec!!

StationnementInterditMtl

YES!!!

YES! YES! YES!

Première tempête de l’année. Comme d’habitude, les gens râlent. Du vrai déni collectif.

J’ai des petites nouvelles pour vous. On est au Québec! Le pays de l’hiver chanté par Gilles Vigneault. C’est pas une nouveauté, ça a toujours existé!! Sauf que maintenant, l’hiver un mot maudit, une saison abhorrée. Ça se promène encore en petit soulier, les mains dans les poches en tenant le démarreur à distance. L’hiver est maintenant un simple poste comptable dans la section “dépense”. Bien oui! Ça va prendre 5 jours, à temps double, triple, quadruple. 17 millions de “douleur” canadienne.

rueHiver

Pourquoi? Parce qu’il faut, comme en peinture, faire le découpage au petit pinceau de deux pouces!

Tourne ici, recule là, re-avance en un petit peu. Bip, bip, bip, bip!

Tassez vos chars de là! Ça va prendre la moitié moins de temps. Comme on peinture un appartement au rouleau. Une couche pis c’est fini! Je suis sûr, moi, qu’on peut sauver facile 6 ou 7 millions. Facile!

Bien non! Faut passer une fois pour se frayer un semblant de chemin et enterrer les chars. Une autre fois parce que le gens ont passé la souffleuse dans leur entrée et ont garroché ça dans la rue ou les trottoirs (merci pour les piétons… Des piétons, quels piétons?). Une autre fois avec le petit déneigeur de trottoir. Puis ensuite une autre fois pour se débarrasser du cadavre d’igloo qui “abritait” les voitures depuis trois jours…

Je sais, je sais. Supprimer le stationnement de nuit à Montréal relève de l’utopie. C’est même le contraire qui se passe l’hiver puisque les contraintes d’avoir à changer de côté de rue deux fois semaine sont supprimé.

Il faudrait qu’il y ait un véritable stratégie encadrant le stationnement “hors rue”. (Quel beau rétrologisme!)

Qui sait? Un jour, après les restaurants non-fumeur, des rues non-conducteur?

Oui, oui! Ça existe!

samedi 7 août 2010

Homo epaitus

L’Homo Epaitus… c’est une sorte de con qui, contrairement à ses compatriotes, manque un nombre variable de neurones, lesquelles font habituellement le pont entre le jugement et la civilité. 

Ce soir, pour déconnecter du bureau, je m’installe dans une salle de cinéma. Un bon film d’action m’aidera à mettre mon cerveau à “off” pour le début des vacances. Les publicités et extrait des films à venir débutent…

Ploc, ploc! Deux pieds, qui selon toutes vraisemblances appartiennent au spectateur assis dans la rangée derrière moi, se pose sur les dossiers du banc vide à côté de moi. De ma tête pour être plus précis… Grrr! Mes vacances commencent, je ne vais pas m’énerver maintenant. Ploc, ploc! Son copain fait pareil. Ah oui! Ce genre de spécimen là se déplace souvent en troupeau, je l’oubliait. Les publicités se terminent et soudain les deux pieds disparaissent. Bon!! Je décrispe un peu. Finalement, il aura compris.

Chlunk, chlunk, ploc, ploc! Je rêve, j’hallucine. Le type s’est déchaussé et remis ses pieds en V sur le dossier.

Qu’est-ce que je fais, qu’est-ce que je fais?

Il y des cons dans la vie mais celui-là a un sans-gêne incroyable. Je pressens que toute réaction sera vaine.

On pourrait en rester là, constater le premier niveau de stupidité de l’Homo Epaitus. Mais la soirée est jeune…

Le film se termine, la foule sort du cinéma. Par petits groupes, la foule se sépare dans toutes les directions. Allant vers le métro, mes deux zozo me précèdent. Coudonc! Arrivant au coin de la rue, la foule s’arrête au feu rouge, des voitures finissent de circuler et une brèche dans la circulation se forme.

L’insondable profondeur de l’épaissitude se met en marche… Les zozo s’avancent et décident traverser l’intersection, sur le feu rouge. Mécontent une voiture de l’autre coté klaxonne et passe derrière les inconscients. Ceux-ci, nonchalant, se retournent, font des hey, hey, les bras en l’air comme si l’affront venait de la voiture. “Capote pas, relaxe, man!” Olé, la corrida urbaine!

Je vous entend… “On voit ça tous les jours, il n’y a pas de quoi fouetter un chat!”

C’est la somme des je-m’en-foutisme qui font les drames. L’incapacité à faire passer sa bulle, sa petite personne après le civisme de la vie en société. Le civisme, pas même besoin d’aller jusqu’à la compassion, la empathie, la considération. Juste le respect des règles… genre: on traverse pas une intersection achalandée sur la rouge.

Le drame?

Une voiture un peu plus loin se prépare sa zone de stationnement. Voyant que “la foule” a commencer à traverser, elle s’imagine que la voie est libre et s’avance. Or, la voiture klaxonnante, en furie contre mes zozo fait du doigt d’honneur à qui mieux mieux, négligeant de regarder devant, les yeux ayant par contrariété d’autres intérêts.

Vlaammm! Les voitures s’accrochent, en renfonce une troisième stationnée.

Gna gna gna gna!, font nos zozo qui continuent leur chemin, rires et applaudissements. Pour eux, ça ne sera qu’une anecdote de vendredi soir. “C’est quand même pas de ma faute, non?”.

Epais!!

Ça sert à ça, les règles de la vie urbaine! À éviter les accidents! À protéger les victimes de ceux qui n’ont de yeux que pour leur plaisir. Les autres on s’en fout…

L’insondable profondeur, mais là profond sérieux, de la connerie…

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mardi 13 juillet 2010

L’île de Gilligan

“C’était un tout petit bateau sur l’eau du Pacifique, cinq passagers partis sur l’eau pour trois heures à peine…

Soudain le vent se lève au large, un orage imprévu. Sans le secours de l’équipage, ils étaient perdus, ils étaient perdus…”

Il y a des jours comme ça où on pense que ces émissions un peu ridicules ne sont que de la fiction… juste pour se détendre un peu après le travail. Mais voilà que la réalité rejoint la fiction.

D’accord, ce n’est pas une île du Pacifique, juste l’île de Montréal, même s’il fait aussi chaud. C’est pas le SS Minnow, juste le le M/V Richelieu, un bateau transportant 25 000 tonnes de blé, surpris par le vent de l’orage à la hauteur du port Ste-Catherine qui jettant l’ancre puis, balloté par le vent, fini par s’éventrer dessus.

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Donc, le bateau de la compagnie Canada Steamship Line, opéré par la famille du très honorable(?!?) Paul Martin, n’a pas de pilote breveté. Résultat la voie maritime bloquée, 12 bateaux qui attendent pour passer. Cent tonnes de pétrole lourd s’échappent de l’entaille à la coque.

Un chance que le mouvement pour re-populariser la baignade dans le Vieux-Port a eu lieu hier. Je ne suis pas sur qu’ils se seraient réjouis autant à s’ébattre ainsi dans une eau douteuse

“Wow! On oublie qu’on est à Montréal!”, dit-il. Sauf qu’aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’on l’oublierait aussi facilement.

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Est-ce ça, le bleu de la mer? Un bleu si saisissant qu’il reste gravé dans la mémoire quand on a la chance de la voir?

jeudi 1 juillet 2010

Faire le plein m’a couté un bras ce matin…

Un jour cette blague ne sera même pas drôle…

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Dans un sondage qui a été réalisé cette année, le plus grand obstacle, et ce à 73%, qui empêche les gens de prendre le transport en commun est… devinez quoi? Parce ce qu’ils ont accès à une voiture!!

Oui, oui! La voiture est le plus grand empêchement au déploiement du transport en commun. C’est parce qu’ils ont une voiture qu’ils vont habiter de l’autre bord du pont, de plus en plus loin. En fait, dépassé le pont la distance n’a plus vraiment d’importance. Ça prend moins de temps faire les 60 kilomètres qui séparent la maison du pont que les 2 kilomètres, pare-choc à pare-choc, pour le traverser. Et durant cette traversée, ça prend dix fois le poids de la voiture en fougères préhistoriques, compressées sous des millions de tonnes de roc durant 100 millions d’années pour fabriquer le pétrole nécessaire pour la voiture juste pour traverser ce dit-pont. 60% de l’énergie de cet essence est perdu en chaleur, 30% est utiliser pour déplacer L’AIR devant la voiture quand elle roule, 9% pour déplacer la voiture elle-même. Ce qui laisse 1% de l’énergie résultant de ces tonnes de fougères préhistoriques pour déplacer ce seul et unique passager qu’est le conducteur.

Moi, tu me donne deux carottes, qui a poussé une couple de semaines dans un jardin, fournissant 60 calories et je te traverse le pont Jacques-Cartier en 5 minutes à pied.

Sachant qu’on dépense en cinq ans au moins le prix d’achat de la voiture en essence, entretien, assurance, stationnement, etc, et qu’on ne l’utilise environ qu’une demi-heure à une heure par jour, il en coûte donc de 40$ à 100$ de l’heure pour utiliser une voiture.

En autobus, moi, ça me coûte 2$ par jour pour me déplacer. Allez et retour au boulot et autres déplacements.

2 dollars par jour!

“Oui, mais Ghyslain, tu ne paie pas le vrai prix. Tes autobus sont subventionnés par mes impôts”

Ha ha ha haha ha haha!! Ça veut dire que tu paie mon autobus ET ta voiture. Et tu n’utilise jamais l’autobus!! Comme dirait un humoriste bien connu… c’est qui le cave!

“Oui, mais Ghyslain, il n’y en a pas d’autobus dans mon coin”

Effectivement, c’est bien ce que je dit… 73% des empêchements au déploiement des transports en commun, c’est… ta voiture!!

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Avez-vous déjà essayé de traverser ÇA à pied??

mardi 1 juin 2010

Réveille le vrai mâle en toi!

Non mais il s’en dit tu des niaiseries rien qu’un peu?

Un rapide coup d’œil au journal aujourd’hui… Un grand titre ridicule

Il y a plus d’accidents sur la route impliquant des chevreuils et des voitures parce qu’il y a plus de mères célibataires.

Wow! Par quel tournure de pensée, monsieur l’honorable sénateur Boisvenu, êtes-vous venu à cette conclusion?

Wow!

Plus de mères célibataires qui élèvent des fils qui, privés de la présence du père, ne sont pas initié à la noble tradition de la chasse. Et les quelques rares qui aurait le goût d’aller à la chasse voient leurs ardeurs refroidi par cette loi C-391 qui oblige à enregistrer les armes à feux. Ce qui cause une prolifération hors contrôle dans la population de chevreuils.

Wow!

Les chasseurs sont une espèce en voie d’extinction!! Vite! Détournez les budgets consacrés pour former les médecins et formez des chasseurs au plus vite! On n’aura plus besoin de ces médecins-là de toutes façons puisqu’on va éliminer près de 6000 collisions par année.

chasseur

Et puis après? Avec autant de jeunes avec des armes (non enregistrés) dans les mains que va-t-il se passer, monsieur le sénateur? Quand il n’y aura plus de gibier à tirer, plus de cannette sur des clôtures à faire giguer? Ne va-t-on pas remplir les prisons avec ces nouveaux “jeunes contrevenants” en devenir?

Des traditions de chasseurs à sauvegarder? Bien voyons! On n’est plus des chasseurs-cueilleurs. On est à l’ère de l’internet, monsieur.

Hurgh! Moi vouloir viande! Moi vouloir viande! Moi taper sur tête chevreuil et moi manger viande!

J’ai l’impression qu’à force de vouloir des couilles de la grosseur de pamplemousse il y en a qui privent leur cerveau d’un apport de sang qui aurait été nécessaire pour une saine réflexion…

 

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mercredi 26 mai 2010

Un chausson avec ça?

Vous avez sûrement déjà entendu cette phrase là, n’est-ce pas? Tellement prévisible qu’elle en est devenu risible. Elle est même devenu la réponse automatique de quiconque reçoit une demande qu’elle considère hors propos, voire ridicule. Cette manie de toujours vouloir nous inciter à consommer plus.

Une autre façon un peu plus insidieuse de forcer la consommation c’est la manie des trios.

Au resto, à la table voisine, j’entends un client faire sa commande. La serveuse ensuite de répondre: voulez-vous la frite? C’est inclus.

C’est inclus.

Décodage pour les malentendants… Tu as déjà payé pour la frite. Donc, tu la prends et tu la mange. Même si tu n’avais pas faim… Jette-la dans la poubelle là-bas si ça te tente. C’est comme tu veux, mais de toute façon tu as déjà payé pour.

C’est comme lorsque je vais à mon IGA préféré. En arrivant à la caisse, la caissière, après avoir scanné mes articles et compté combien je dois, sort un concombre de dessous le comptoir. Voulez-vous le concombre, me dit-elle?

Hein?!?

Si en faisant mon épicerie ça m’avait tenté d’acheter du concombre j’en aurais pris. En vois-tu dans mon panier? Non? C’est parce que j’en voulais pas. Qu’est-ce qui fait croire que j’ai envie d’un concombre qui traîne en dessous de votre comptoir depuis je ne sais combien de temps?

C’est gratuit!!, qu’elle dit.

Non c’est pas gratuit. Le prix du fameux concombre est inclus dans le prix de toutes les commandes de plus de 70$. Si c’est un incitatif pour me faire dépenser c’est raté! Je ne savais même pas que “j’avais droit à un concombre” en faisant mon épicerie… que j’avais déjà fait et déjà payé. Un peu tard pour l’incitatif non?

Après on se demande pourquoi les prix montent, montent. Vous payez déjà pour tellement de choses que vous ne savez même pas pourquoi.

C’est facile de dire non à ces petits “extras” qu’on nous force à accepter.

Il y en a d’autres plus compliqué…

Comment vous aimez la catastrophe du Golfe du Mexique?

Des millions de litres de pétrole à la mer par jour… depuis plus d’un mois maintenant…

Spongie PochetteJe ne suis pas sûr qu’un Spongie-Pochette soit suffisant, là, pour ce genre de dégât. Une couple de tonnes de ciment? Hum…

Les coûts de l’environnement sont incalculable. Pour le reste, il y a MasterCard, comme ils disent. Hi hi!

On estime que ça va couter à BP (British Petroleum) des dizaines de milliards de dollars pour se sortir du trouble, nettoyer les plages, pomper le brut dans des navires-conteneur, rembourser toutes les expertises, ingénieurs et techniciens. Le gouvernement américain va surement veiller à ce que BP s’acquitte de la facture.

Mais ça risque d’être dur. Le titre de BP a déjà perdu 30% de valeur à la bourse. Même la Caisse de Dépôt du Québec commence à se faire du mouron avec ça. 

Qui va payer pour tout ça?

Allons, allons! Un peu d’imagination.

Vous avez déjà payé pour ça! Alors, ce désastre, vous le prenez, vous en faites ce que vous voulez.

Vous avez une voiture? Le prix de l’essence qui monte, qui monte…

Bien voilà! Ça vient avec.

Ça vous rassure surement de savoir que le Henry-Goodrich, une plateforme de forage opérée par la même compagnie, juste 20 ans plus vieille, est installé tout près. Presque dans le Golfe du Saint-Laurent. Ça me donne quasiment envie de me racheter une voiture, moi!

Mais rassurez-vous! Oubliez-ça! Y en aura pas de problème ici!

Un chausson avec ça?

dimanche 25 avril 2010

1-0 pour le système binaire

Il y a des journées comme ça. On se lève et on est fru. Un mélange de colère et de découragement.

Je suis dans un petit café au centre-ville de Montréal. Je sirote un café après une longue marche. Quand je suis fru je suis comme ça. Je marche, je marche jusqu’à ce que la sérénité revienne. C’est mieux que de taper sur du monde.

Je bois donc mon café… Sur l’écran géant, je vois un tournois de golf. J’aime bien regarder le golf à la télévision. C’est un sport que j’aime bien et qui me fait souvent penser à la programmation. Le but est simple: mettre la balle dans le trou. Pas de juge de ligne, pas système compliqué. La balle est dans le trou ou bien elle n’y est pas. Et puis tu ne peux pas imputer tes problèmes de rendement sur une autre équipe qui se serait mieux préparé, qui a utilisé des tactiques déloyales, qui aurait soudoyé un juge de ligne. Non. C’est toi, la balle et le trou. C’est tout.

golf%20general%202[1]A l’écran, le joueur s’élance et frappe la balle. La caméra tente de suivre la balle qui décrit un bel arc dans les airs. Puis la balle fait trois rebonds, roule vers la coupe… le préposé au drapeau lève celui-ci, puis zoom de la caméra sur la balle. Elle s’arrête à trois pouces du trou. Trois pouces du trou!

Le joueur lève les bras, le sourire béat, la foule est en liesse. Tapes dans le dos, poignées de mains…

Pourtant il a manqué le trou. De trois pouces!

Je soupire.

Moi, j’ai passé toute la semaine à faire des modifications à un écran de logiciel. À programmer les modification, les tester, re-tester. Corrige et re-test. Corrige et re-re-test. Refactoriser le code, ajouter des validations, corriger l’alignement des champs de l’écran. Puis mon boss valide mon écran et paf! Un erreur javascript. Une erreur introduite en finale, après moult test et re-test.

“Ghyslain, je suis déçu. C’est un test de base ça!”

Je suis fru.

Il y a des jours comme ça où je suis tanné du système binaire. Des 1 et des 0. Rien d’autre. Rien entre les deux. Ça marche ou ça marche pas. Je suis à trois pouces de la coupe mais moi je n’ai pas droit aux tapes dans le dos.

On sait ça. Un pont qui manque trois pouces tombe dans l’eau. Pas de pardon.

Aujourd’hui, je me suis levé et j’étais encore fru. Grrr! C’est pourquoi je suis parti marcher. J’ai été marcher dans le Vieux-Port. Au cinéma IMAX, ils y présentent le film Hubble 3D. Ouais! Ça, ça va me redonner ma joie et mon sens de l’émerveillement. Ça me prend ça.

Ça ne dure que 43 minutes mais quelles 43 minutes! C’est époustouflant! Tout ce qu’il faut pour enflammer les imaginations.

Pourtant, Hubble, c’est un exemple d’un projet qui a couté des milliards de dollars, des milliers d’heures d’ingénieurs, et pas les moindres, qui a faillit mal tourner. Dès les premières images en orbite en 1990, on s’est rendu compte que le plus cher de tous les télescopes de l’histoire donnait des images floues. Ça a pris un autre mission de navette spatiale, trois ans plus tard, pour installer des “verres correcteurs”. Puis la dernière mission de maintenance en 2009, le télescope qui avait été conçu pour être réparer dans l’espace a subit une réparation de la seule pièce dont la maintenance dans l’espace n’avait pas été prévu. Une carte de circuit imprimé, fixé avec 14 petits vis, logé dans un endroit inaccessible. Normalement, les instruments n’ont qu’une seule grosse vis pour les fixer et faciliter la maintenance. 14 petites vis!! Moi je ne suis jamais capable de démonter un appareil sans un perdre une par terre. L’astronaute a dû ramper en apesanteur dans le télescope, dans son gros scaphandre, puis dévisser d’une seule main avec un instrument de 3 pieds de long. Il a dû arracher une barre de soutien qui gênait l’accès de certaines vis! C’est pas une erreur de conception ça?

Malgré ça, on dit que le télescope Hubble est l’instrument qui a fait le plus avancé la science de l’astronomie depuis la lunette de Galilée.

Je sirote mon café… la tête pleine d’images fantastiques…

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bb90bbdf47b5b9d55854813363de[1] Puis mon café terminé, je reviens sur Terre. Je regarde par la fenêtre. Je vois le désastre de l’édifice de l’îlot Voyageur. Ce sont des gens enseignent la gestion à l’UQAM qui ont géré ça. Des millions de dollars de déficit, un édifice inutilisable, une plaie au milieu de la ville… Ce sont ces gens là qui forment nos gestionnaires de demain…

Je soupire…

Finalement, mon petit erreur de javascript, que j’ai corrigé en moins de trente secondes, me semble bien peu de chose finalement.

Une autre semaine commence…

Ok! 1-0 pour le système binaire. Mais le match n’est pas terminé…

Ne me reste qu’à faire mieux la prochaine fois…

Quelqu’un connait comment réussir à faire des tests logiciels sans jamais rien oublier?

Quelqu’un?

mercredi 21 avril 2010

Devoir de mémoire

mnemosyne Mnémosyne, déesse grecque de la mémoire. Fille de d’Ouranos et de Gaïa, elle coucha neuf soirs consécutifs avec Zeus donnant naissance aux neuf Muses.

Il y a dans les mythes grecs une richesse de sens qui m’étonne toujours.

En résumant un peu, on peut dire que la mémoire est ainsi la mère de tout acte de création intellectuelle. C’est dire que la mémoire est quelque chose d’important. Sans elle, les jours s’écouleraient sans qu’on ait même l’idée de les compter. Comment pourrait-on dire “les jours se suivent mais ne se ressemblent pas” si d’un jour sur l’autre l’image de la veille se diluait aussitôt. Quel malheur que ce néant.

De mémoire d’homme… tout le monde a oublié des choses.

Avant l’écriture, les humains ont cherché à mettre de l’ordre dans le chaos de leurs sensations, de leurs expériences de vie. Parce que la mémoire c’est ce qui donne de la perspective, qui permet de construire du sens. Au début, ce sont les récits, les chansons, les légendes. Mais il faut se les répéter, les répéter aux autres, toujours et constamment. Sinon on oublie. La mémoire ne supporte pas de maille sautée.

Puis hourra! L’écriture! Des dessins et des lettres!

Quel formidable soulagement! Non pas que nous n’avons plus besoin de se souvenir de quoi que ce soit! Non, non! Seulement, il est possible de hiérarchiser les souvenirs. Les informations d’usage courant, d’autres qui sont d’usage plus sporadique. Puis lorsqu’elles sont écrites, d’autres informations, plus générique ou structurante, peuvent trouver leur place dans notre tête. Parce que notre tête c’est limité!

Oui c’est limité une tête!

Alors pourquoi, pourquoi, pourquoi…

Pourquoi les gens n’écrivent pas les choses qu’elles doivent se rappeler mais qu’elles n’utilisent pas constamment?

Je ne comprends pas.

Un mot de passe qu’on utilise qu’une fois par six mois… On l’écrit sur un papier qu’on met dans un lieu sûr. Mais, non! On va sûrement se le rappeler une fois le moment venu! Par magie! En pleine urgence, au coeur de la panique!

Je… ne… comprends… pas…

Une photo qu’on prend lors d’un événement? C’était en quelle année donc? C’était quoi, donc, son nom?  J’le sais tu, moi?

Niet la mémoire!

La loi du moindre effort commande de ne pas écrire et classer des simples informations comme “j’ai pourtant fait une copie de sécurité de ce fichier là mais je me souviens plus où je l’ai mis”, ou bien “c’est quoi donc encore le nom du paramètre pour activer tel ou tel fonction du logiciel, je ne m’en rappelle jamais”.

Pourquoi??

Un papier! Un crayon! Vite!!!

Vous êtes plus Hi-Tech? Pourquoi pas un document Word, un fichier texte dans Notepad? Tiens, un petit courriel “Note à moi-même”. Un wiki, un blog… Un post-it!

Quelque chose!!! N’importe quoi!!!

pensebeteOK! Il y avait autre chose qu’il fallait que je me rappelle d’écrire. Mais… euh… euh… je ne sais plus quoi.

Zut!

lundi 5 avril 2010

iPhone 101

Je n’ai pas de iPhone, iPod ou autre petit machine du genre. Aussi mon premier petit cours de iPhone sera un peu limité, de l’avis de plusieurs utilisateurs plus expérimentés que moi.

J’en conviens. Cependant afin de faire profiter mes concitoyens de ma faible expertise je me limiterai à une seule fonctionnalité. Fonctionnalité souvent ignoré par plusieurs.

iphone_menu[1]

Il y a une menu qui s’appelle Réglages (ou Settings). Oui oui! On peut effectuer des réglages sur un iPhone.

Et dans ce menu on peut même régler la luminosité de l’écran.

Je sais, c’est sûrement un choc pour vous. Oui, on peut régler la luminosité de l’écran.

Et c’est là qu’on peut voir le génie d’Apple. Il y a un réglage de luminosité dont une qui permet de régler la luminosité en fonction de l’éclairage ambiant. Automatiquement!!

Wow! Ça c’est fort!

 

photo3[1]Je vous dis ça parce qu’alors que le premier réflexe de tout nouvel utilisateur de iPhone c’est d’essayer la fonction téléphonie, la fonctionnalité lecteur de musique ou d’autres trucs du genre, les fonctionnalités relatifs à la protection de l’environnement passent souvent au second plan.

Et quand je vous parle d’environnement, je ne vous parle pas nécessairement de sauver la planète au économisant votre batterie. C’est bien, évidemment, de sauver la planète. Mais c’est aussi bien de sauvegarder les yeux de vos voisins.

Huh?!? De que c’est??

Ok! Contexte…

Je suis dans l’autobus qui me ramène de Sherbrooke vers Montréal. Il est fait nuit noire, pas comme la nuit à Montréal avec ses néons, plutôt nuit noire comme en pleine campagne entre Eastman et St-Étienne-de-Bolton.

Donc, vraiment nuit noire…

Puis, vlam! Je ressent un brulure vive à l’oeil. Je ne vois plus rien. C’est mon voisin de siège devant moi qui vient d’allumer son iPhone. Je vous jure, j’avais l’impression d’être un chevreuil sur la route alors qu’une voiture décide d’allumer ses phares anti-brumes!! Qu’est-ce que c’est ça?? L’ombre de sa tête se projette vers le plafond comme une ombre chinoise. Son machin éclaire sur trois ou quatre rangées de siège!

Wam!! C’est à nouveau nuit noire. Mon oeil a à peine eut le temps s’adapter à la lumière que son iPhone s’éteint. Je ne vous ment pas. Il a ainsi allumé et éteint son foutu machin une centaine de fois le long du trajet Sherbrooke – Montréal. Puis comme sur le bord d’un lac, les autres passagers, tel des mouches à feu, se sont mis aussi s’illuminer et à regarder, qui son cellulaire, qui son lecteur MP3…

Arrrrrrrgggggg!!!

Au secours!!

Je me réjouissait qu’il n’y avait les éternelles conversations inopportunes qui saoule de banalité. Voilà que je suis au milieu d’un troupeau de trippeux de message-textes. Clic-clique-clique-clic. Blip Blip! Un autre message qui arrive, une autre lumière qui s’allume, une autre ombre de tête au plafond.

Je viens de trouver un nouvel exemple de pollution lumineuse!! Une pollution lumineuse intérieure.

J’ai les rétines qui sentent le brulé…

Vivement que j’arrive chez moi, que je ferme les lumières, que je me couche…  que je ferme les yeux…

Ok… Juste après que j’ais regardé si j’ai reçu des emails…

seizures[1]

dimanche 28 mars 2010

C’est évident, voyons!

Un jour, je vais dans un petit restaurant du Vieux-Montréal. Histoire de faire changement, de jouer un peu au touriste. À la fin du repas, le serveur me demande  si je veux un café. Oui, oui, merci.

Puis, le café terminé, j’attend.

Le serveur se repointe. Encore du café? Non, non, merci.

J’attend.

J’attend.

C’est bête non? J’attend comme ça une bonne demi-heure. Je me tortille, tapote des doigts, jette des regards vers le serveur.

Puis je me tanne, je me lève et je vais à la caisse. Le serveur sort sa facture, enfin, je paye et je m’en vais.

C’est qu’il attendait, lui, que je me lève pour me présenter la facture. Et moi, j’attendais la facture pour me lever de table.

Tous les deux, on trouvait ça évident. Mais l’évident de l’un ne semblait pas l’être tant que ça pour l’autre. C’est souvent ça le problème. Parce qu’on croit les choses évidentes, on oublie d’expliquer les règles, les procédures, les protocoles.

C’est comme l’histoire du chinois qui demande son chemin à un passant et qui demande: c’est quoi le nom de ce pâté de maisons? Le nom du pâté de maisons? Non, ça n’a pas de nom. Alors, dit-il, comment on fait pour se repérer, trouver une adresse?

En occident, ce sont les rues qui servent de repère. Les adresses numérotent les portes le long de la rue, les nombres pairs sur un côté de la rue, les impairs de l’autre côté. Les pâtés de maisons? Ça n’a pas de nom particulier. Ce n’est que l’espace entre quatre rues.

Ça n’a un nom que si c’est un parc ou quelque chose comme ça. Parce que là, il n’y a pas d’adresse.
 StDenis
AdresseChine En Chine, ce sont les pâtés de maisons qui ont des noms. On habite donc dans tel ou tel district. Et les numéros de porte? C’est simple, la première maison qui a été construite c’est la numéro 1, la suivante la numéro 2, etc…

Évident non? Pas besoin de faire une maitrise à l’université pour comprendre ça.

Il y a des choses évidentes qui ne le sont pas tant que cela, finalement.

Comme lorsque les Chinois trouvent qu’ici les nouvelles mariées sont décidément morbides avec leur robes blanches. Le blanc en Chine est un signe de mort. Pourquoi pas entrer dans l’église avec dans un cercueil tant qu’à y être. Est-ce qu’on meurt à son ancienne vie? Les nouvelles mariées Chinoises, elles, se marient en rouge. C’est la joie, la passion. Pour nous ça ferait vulgaire ou inconvenant.

copyrighter[1] marie[1]

 

Il y a toujours avantage à rendre les choses claires, si on veut éviter les malentendus. Sinon, c’est la frustration, les frictions assurées. Et ce sera finalement les nouveaux arrivants qui écoperont et qui perdront les quelques d’accommodements qui ont été consentis.

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Après tout, un sourire ouvre toutes les portes… dans toutes les cultures. La dissimulation, elle, est toujours suspectes…

Dans toutes les cultures…