mardi 10 mars 2009

Expo-science régionale Bell

Ah! J’ai toujours une sorte de surexcitation qui m’envahit quand je pense à cette période de mon adolescence. C’est sûr que j’irai faire un tour au biodôme en fin de semaine pour aller voir les kiosques à la finale régionale de l’Expo-science.

Quand je regarde comment c’est passé la période d’adolescence de gens qui m’entourent j’ai toujours l’impression d’avoir été un extra-terrestre. Il y en a qui ont passé leur temps à faire du sport, d’autre à essayer de se trouver des combines pour être toujours sur le party. J’en ai connu qui ont passé leur temps à jouer à des jeux de rôles, Donjons et Dragons et associés. Certains ont passé leur temps dans la rue, à faire des mauvais coups. Des choses normales quoi. Moi, rien de tout ça. Ce qui, moi, m’a accroché complètement ce sont les clubs de sciences.

La première fois, c’était en secondaire 2. A la polyvalente Leber (aujourd’hui nommé polyvalente de La Montée), il y avait le TNS, temps non-structuré. C’était des périodes à nos horaires, sans cours, mais où l’on pouvait participer à divers activités parascolaire. De la simple étude ou période de rattrapage, mais aussi des activités diverses reliées ou non à des cours. Je me souviens qu’après le cours d’initiation aux sciences physiques où on avait fait des expériences sur l’électrolyse de l’eau, mon professeur Bertrand Thibault m’avait invité à venir à période de TNS dont il était le responsable. J’avoue que je m’y était bien amusé à faire toutes sortes de variantes d’électrolyse. D’abord pour faire des bulles de gaz, oxygène, hydrogène, chlore mais ensuite pour faire des placages de nickel en se servant de vieux 5 cents comme électrodes (attention c’est illégal de détruire de la monnaie).

Puis j’ai voulu faire des placages de chrome. Comme on avait pas de composé de chrome se prêtant bien au placage, nous avons dû d’abord prendre deux composés chimiques pour faire du chromate de potassium et alors en faire l’électrolyse et faire un beau placage chromé. Je dis beau, c’est assez exagéré car la clé que j’avais plaquée en chrome était inutilisable vu que le placage était loin d’être uniforme. C’était plus proche de la branche de sapin avec toutes ses aiguilles et très friables si vous voyez ce que je veux dire. Inutilisable comme résultat. Mais quand la piqure de la science te prend… En connaissez-vous beaucoup, vous, des étudiants qui passent tout leur temps libre à la bibliothèque à feuilleter Encyclopedia Britannica pour trouver des formules chimiques pour fabriquer du cyanure de cuivre à partir de l’oxygénation d’une solution de cyanure de potassium et de ruban cuivre?

C’est ainsi que j’ai participé à la première Expo-science de l’Estrie en 1975, avec mon projet de galvanoplastie (placage de métaux par méthode d’électrolyse). Avec un simple invitation à aller plus loin que l’expérience d’électrolyse de l’eau, mon professeur Bertrand Thibault a été un véritable mentor et accompagnateur de ma curiosité naturelle. C’est une denrée rare, un professeur qui a l’air aussi curieux que toi et qui fait aussi des expériences hors-programme dans la réserve de matériel scientifique pendant les pauses. Il m’a conduit ainsi de la chimie à la biologie, puis à l’électronique et l’informatique. Il m’a fait rencontrer des profs du cégep et de l’Université de Sherbrooke pour voir la faisabilité des plans électroniques que je dessinais. J’avais grâce à lui une carte pour emprunter des livres à la bibliothèque des sciences pures et appliquées de l’université alors que je n’étais qu’en secondaire 4. C’est là que j’ai utilisé un terminal pour entrer des données en octal sur un ruban perforé pour programmer un circuit de mémoire EPROM pour mon projet d’horloge-mémoire, avec lequel j’ai gagné le premier prix de construction d’appareil scientifique à l’expo-science en 1978.  Si je suis programmeur aujourd’hui je le dois très certainement à cette première impulsion qui a allumé chez moi un feu qui ne s’éteint pas.

Comment voulez-vous que ça s’éteigne? Tous mes amis faisait partis du club de sciences. J’ai passé tout mon secondaire avec des gens qui construisaient leur télescope, qui construisaient des moteurs linéaires à induction magnétique, des réacteurs à propulsion ionique, à disséquer des rats, à cultiver des bactéries ou à construire des mini-fusées avec des instruments de mesure météo. C’était ça mon “ordinaire”.

Alors quand on me demande ce que j’écoutais comme musique quand j’étais jeune je réponds simplement que la musique ça c’était l’autre gang, la gang de la radio étudiante. Nous, on était trop occupé à démonter des oscilloscopes et à scruter des encyclopédies.

De toute façon, c’était silence obligatoire à la bibliothèque…

samedi 28 février 2009

Dieu que le ciel est beau ce soir!

Février s’éteint…

Je dis « s’éteint » car c’est le mois le plus court, comme les jours d’hiver eux aussi sont trop court. Le mois s’éteint donc. Parce que j’aime les pieds de nez que permet la langue poétique et j’aime à penser qu’elle aussi, la noirceur de l’hiver s’éteint aussi à son tour pour faire place à de plus en plus de lumière.

Mais au-delà du grand noir qui surplombe nos vies les soirs de février, mon regard se porte tout naturellement vers les lumières du ciel. La lune en est au premier croissant. Je ne peux m’empêcher de sourire en la voyant car à l’approche de l’horizon la lune ressemble à un sourire. Un sourire si éclatant que le reste autour est sans importance.

Je souris car il me vient immanquablement la même image. C’est l’histoire du chat dans Alice au pays des merveilles. Le chat nargue Alice en disparaissant à tout bout de champ. Le chat disparait mais reste toujours son sourire.

La lune n’est pas seule dans le ciel ce soir. Elle vient de dépasser sa mystérieuse collègue Vénus.




Étoile du soir, espoir… Vénus et la lune, Galilée le premier l’avait découvert avec son télescope, ont tout deux des phases. Croissant de lune et croissant de Vénus allant de concert dans le ciel. Mais la lune plus pressée n’attendra pas sa voisine et courra le ciel pour devenir pleine à nouveau.





Étoile du matin, chagrin… C’est le seul moment où je trouve la vie injuste. Aimer autant l’astronomie et à la fois être myope. Myope c’est ne pas bien voir de loin. L’astronomie c’est l’étude des objets… lointains.

Amour impossible direz-vous. C’est le lot de l’astronomie, particulièrement par l’histoire des constellations, d’illustrer les amours impossibles. L’histoire d’Orion ou de Cassiopée par exemple…

vendredi 27 février 2009

Software Development Meme

Petit questionnaire trouvé au hasard de mes lectures
À quel âge avez-vous commencé à programmer?

J’ai écrit mon premier programme à l’âge de 15 ans en secondaire 3.


Comment avez-vous commencé à programmer?

C’était au cours de mathématique. J’aurais pu commencer l’année précédente mais ça ne m’intéressait pas encore à ce moment là. Surprenant n’est-ce pas? Il y avait un vieux terminal à papier thermique et un modem acoustique qu’on branchait ministère de l’Éducation de l’époque. Chaque fois qu’on était en avance sur nos apprentissages nous avions la permission d’expérimenter et d’apprendre à programmer.


Quel a été votre premier langage?

Le premier langage que j’ai appris est le Basic. Le bon vieux Basic, rien de visuel comme aujourd’hui, avec une capacité d’édition limité du code source. Pour corriger une ligne on la retapais avec le même numéro de ligne pour remplacer et de nombreuse commande RENUM pour renuméroter les lignes si par malheur il ne restait plus d’espace entre deux numéros de ligne pour en insérer de nouvelles. Ah! Des variables à une seule lettre, toutes globales, pas de fonction juste des GOSUB. Et énormément, énormément de GOTO!


Quel est le premier vrai programme que vous avez écrit?

Définissez vrai programme! Mon premier programme complet était un jeux de roulette de casino. 22, rouge, pair et passe! Je me souviens avoir dû le découper en deux parce que la section « Comment jouer » était devenue trop grande pour la quantité de mémoire disponible. Les jeux sont toujours une puissante motivation pour programmer.


Quels sont les langages que vous avez utilisés depuis que vous avez commencé à programmer?

Wow! Quelle question! J’ai fait plusieurs programmes en Basic évidement, puis APL, COBOL, FORTRAN, RPG (berk!), PASCAL, Forth, C, C++, Logo, JCL, SPSS, COMAL, Langage machine pour micro-processeur 6502, 6510, 8080, Zilog-80, 8086, Assembleur IBM-360, PDP-11/70 et enfin HTML, JavaScript, ASP, CSS, PHP, C#, Ladder Logic, PL/SQL, XQuery, XSLT. Désolé, pas de LISP, PL/I, ADA, ni de Java (honte à moi) ou Perl.


Quel a été votre premier mandat professionnel de programmation?

La première fois a été au cégep, au département d’expérimentation pédagogique, pour un emploi d’été. J’ai écrit un programme pour facilité la correction d’examen par ordinateur. C’était une sorte d’interface interactive d’entrée de donnée et qui refilait ensuite les informations formatées pour un programme en lot à être exécuté à distance.

Cependant, le premier programme que j’ai écrit pour quelqu’un d’autre que moi ou d’un ami était un programme d’inventaire de stock que j’ai écrit « à la volée » directement sur le comptoir d’un Radio-Shack, sur un TRS-80 Model 1. Je n’ai pas été payé pour ce programme là, je voulais simplement que le vendeur me laisse tranquille car il trouvait que je passait vraiment « trop de temps à taponner » sur l’ordinateur sans jamais acheter quoi que ce soit.


Si vous saviez ce vous vous savez maintenant, est-ce que vous auriez commencé à programmer?

Et comment! Je suis vraiment fait pour programmer. C’est la chose la plus satisfaisante que j’ai jamais fais de ma vie. C’est comme un match entre toi et la machine. En fait, c’est plus un défi à soi-même de logique et de persévérance. Un jeu mental au règle claire. Ça passe ou ça plante.


S’il y a une chose que vous avez appris durant toutes ces années que vous vous voudriez dire aux nouveaux développeurs, qu’est-ce que cela serait?

Ne pensez jamais que vous en savez assez. Lisez du code. Lisez le code de grand programmeur. Écrivez du code. Écrivez des programmes qui génère du code. Écrivez des outils qui vous aide à voir le portrait complet, à voir les détails. Écrivez des super-outils qui travailles avec les outils que vous avez fait. Apprenez comment, couche par-dessus couche, les choses collaborent entre-elles. Ouvrez les boîtes noires, regardez à l’intérieur, dessous, derrière, les à côté du code. Découvrez comment ça marche. N’arrêtez jamais d’apprendre.


Quelle est la chose la plus amusante que vous ayez... programmé?

C’est moins une chose spécifique qu’un mode de pensée. Programmer un outil qui vous sert ensuite de levier pour faire autre chose. C’est comme construire un moule, puis de mouler un outil comme un marteau et s’en servir pour bâtir une maison. Vous connaissez les secrets les plus intimes de votre outil, ce qu’il peut faire, et plus encore, avoir des projets pour continuer à l’améliorer.

Au cégep, il y avait un générateur de labyrinthe qui était très populaire parmi les étudiants. Un jour j’ai décidé d’écrire un programme capable résoudre le labyrinthe à partir de la sortie du générateur. Un véritable expérimentation sur la récursivité.

Il y avait aussi un portrait d’Einstein en Ascii-Art. J’ai voulu en imprimer des versions géantes mais je détestais l’aspect d’escalier carré qui en résultait. J’ai alors essayer d’écrire un programme qui faisait une sorte d’anticrénelage pour assouplir l’agrandissement même pour des affiches de dix pieds par dix pieds.

Et les maths! J'ai fais un programme qui calculait tous les chiffres de 213071 - 1. Je soupçonnais à l'époque que ça pouvais être un nombre premier et je cherchais à démontrer.

En français, j'avais un rapport à remettre et je l'avais tapé sur l'ordinateur mais l'imprimante coupais les mots à 80 caractères par ligne. J'ai alors écrit un petit programme pour découper les mots selon les syllabes à partir de seulement une quinzaine de règle. Ab-so-lu-ment! C'était en 1978, bien avant les traitements de texte.

C'est évidemment sans compter mon fidèle Commodore 64...

Des heures et des heures et des heures et des heures...

lundi 16 février 2009

Un peu de lumière s.v.p…

Février. C’est un petit mois court mais qui nous met face à ces petites décisions qui façonnent des composantes importantes de la vie. Comme ce petit avis de mon propriétaire qui m’annonce que mon loyer va être augmenté à compter de juillet prochain. Vais-je, oui ou non, renouveler mon bail?

Y a-t-il une période plus ingrate que février pour prendre ce genre de décision?

Évidemment, si c’était l’appartement de mes rêves la réponse serait instantané. Une augmentation d’un pourcent par année? C’est sans problème, voyons.

Mais voilà, il y a d’autres éléments à prendre en compte. Depuis huit ans que je suis à Montréal, je suis toujours dans des demi-sous-sols. Je commence à en avoir assez du manque de lumière. Et février, euh, c’est justement le moment de l’année où je commence vraiment à en avoir marre du manque de lumière.

Deuxième éléments, je n’ai pas de voiture depuis cinq ans. C’est un choix que j’assume très bien. Même que c’est le fait de vivre à Montréal qui m’a convaincu sinon de l’absence de nécessité, au moins de la charge d’avoir une voiture « à nourrir ». Coût d’utilisation de la voiture, cauchemar du stationnement (je n’ai pas de garage), pneu d’hiver et grattage de vitre, frisson garanti avant que la chaufferette fasse son office. Encore là février est un mois qui permet d’apprécier ma décision de ne pas avoir de voiture. Mais voilà, j’habite à Cartierville et je travaille à Pointe-Claire. 20 kilomètres et 1 heure à transférer dans quatre autobus de la STM chaque matin. Même chose au retour. Là aussi, je comme à en avoir un peu marre.

Ça ressemble fort à un appel du large, comme on dit. C’est écrit sur les murs que la solution est de déménager plus près de mon travail. Je serais ainsi de retour chez moi plus de bonne heure après le travail, me permettant d’avoir une vie en dehors du travail. J'en ai assez de souper à huit heures le soir.

Parce qu'avoir une vie c’est un principe de base auquel je ne saurais accepter de compromis. Car si je travaille pour vivre, si je ne vis pas… pourquoi travailler? Contrairement à des gens que je connais, mon travail n’est pas le centre de ma vie. Il est de l’ordre du moyen, pas de la fin.

Mais il y a un hic! Mon employeur a la bougeotte. Encore plus que moi. En huit ans je n’ai eu que deux loyers. Mon employeur, lui, quatre. Et lui aussi a reçu son avis d’augmentation de loyer qu’il a déjà dit avoir l’intention de refuser.

Me voilà finalement bien embêté. Déménager d’accord mais où? Je vais devoir donner ma réponse à mon propriétaire avant de savoir où mon employeur déménage. Je ne suis pas assez gambler. Je veux me rapprocher, mais de où finalement?

Un, je ne veux pas déménager dans un quartier sans église catholique francophone à proximité. Non négociable. Et c’est une denrée assez rare dans l’ouest de l’île. Cela ne me laisse qu’assez peu de quartier cible.

Deux, le système d’autobus dans l’ouest de l’île est assez rudimentaire. Rien à voir avec la densité ou la fréquence auquel on est habitué dans l’est ou le centre-ville. Pas de 6, 8 ou 12 minutes. Plutôt des 30, 35 voire 45 minutes. Si on n’a pas de transfert à faire, ce n’est pas un problème. Juste à connaître l’horaire de passage du prochain bus. Avoir des transferts à faire dans ces conditions, ce serait ridicule. Sans compter le nombre d’autobus qui n’ont que des horaires dit d’heure de pointe. Avec les horaires de travail atypique que je connais en informatique ce n’est surement pas viable. Je ne me rapprocherai pas de mon travail si ce faisant ça me prend le même temps pour m’y rendre qu’avant. L’ouest de l’île a été conçu pour des automobilistes. On a qu’à compter le nombre de rue sans trottoir pour s’en convaincre.

Et je n’achèterai pas à nouveau une voiture pour aller travailler. Ce serait d’un ridicule consommé : déménager dans un quartier pour me rapprocher du travail, doubler quasiment le prix du loyer, puis dépenser 4000$ par année pour une voiture parce que le système d’autobus y est déficient. Travailler pour me payer une voiture pour aller travailler? Assez vicié comme conclusion.

Oui, je suis bien embêté.

Je pense que je vais encore rester ici une autre année. J’aime mon quartier finalement.

Peut-être qu'en m'achetant une caisse d'orange de la Floride j'aurai ma dose de soleil... Ou bien mon employeur va déménager près de chez moi (on peut rêver!)

Après on se demandera pourquoi j’ai horreur des mois de février!

samedi 31 janvier 2009

Bienvenue dans le monde des limites floues

Est-ce que poster un article par courriel à un journal peut être assimilé à l’action de franchir la ligne de piquetage?

Question intéressante n’est-ce pas?

On a beau parler de Web 2.0, de blogosphère, de journalisme citoyen, on peut dire qu’on est encore qu’à l’aube de la transformation que l’internet continue opérer sur la société et les gens qui la constituent.

Tout comme l’australopithèque, qui a réussi à inventer le feu (où plus précisément à le maitriser à volonté) il y a 1.4 millions d’années, ne pouvait imaginer que ce geste conduirait au cancer du poumon, à la bombe d’Hiroshima, ou les premiers pas de l’Homme sur la lune, on ne peut imaginer comment l’élimination de la nécessité de continuité physique ou temporel dans les activités humaines vont bouleverser toute la conception des relations humaines.

En effet, il n’y a pas si longtemps, l’impossibilité de l’ubiquité pour tout être humain, i.e. ne pas pouvoir être à deux endroits en même temps, pouvait représenter une défense valable en justice. C’est le concept de l’alibi. « Je ne peux avoir volé votre argent chez vous puisque j’étais ailleurs à ce moment-là! »

Pourtant, aujourd’hui on sait qu’on peut pirater à distance un ordinateur contenant de l’information de crédit sensible et s’en servir à l’autre bout de la planète la microseconde plus tard. On appelle ça la télé-fraude.

Un ordinateur et son contenu, c’est privé. La ligne de téléphone c’est privé. Un ordinateur qui utilise une ligne téléphonique pour contacter un autre ordinateur, c’est l’internet et c’est public. Étrange non?

Deux ordinateurs qui utilisent l’internet, public, qui font du partage de fichier, communément appelé P2P (ou Poste à Poste), c’est considéré privé mais Bell se réserve le droit de limiter la bande passante de cette communication. Régulation d’une communication privée dans un espace public. Pourtant, la navigation de page web en zone sécurisé (https) aussi c’est une communication privée dans un espace public mais la bande passante n’est pas restreinte. Même si la communication sécurisée sert à télécharger des fichiers privés, d’un poste à l’autre. ?!? Étrange.

Faire une marche de protestation dans les rues de Montréal avec une cagoule serait interdite mais on peut faire des commentaires haineux dans un blog sous le couvert de l’anonymat. Hum!

Saviez-vous que vous ne pouvez envoyer un courriel avec une clé d’encryptions de plus grande que 56 bits à l’extérieur de l’Amérique sans que ce ne soit considéré comme un acte d’espionnage voire un acte de guerre?

Le Journal de Montréal est en lockout mais ça n’empêche pas l’ancien premier ministre Bernard Landry de continuer à y écrire des articles, lui qui en 1977 a voté la loi anti-scab, une loi formidable selon ses propres commentaires. Bien qu’il n’est pas « physiquement » travaillé dans l’enceinte de l’entreprise, ça ressemble bien en une activité de scab ça. Attention M. Landry!
Il y a des pentes suspectes à voir venir...

Le web, les courriels, l’internet dans son entier est en train de défier les règles de la société. Nous vivons maintenant dans un monde où liberté d’expression côtoie un monde où d’un même geste on bafoue les droits d’auteurs.

On est en train de changer le monde où l'on vit. On va avoir besoin des gens d’imagination bientôt si on ne veut pas que cette liberté chérie ne devienne chaos ou dictature électronique.

vendredi 30 janvier 2009

Rideau!

Extrait de Ruy Blas de Victor Hugo, acte III scène II

[Ruy Blas, survenant.]

Bon appétit, messieurs!

[Tous se retournent. Silence de surprise et d’inquiétude. Ruy Blas se couvre, croise les bras, et poursuit en les regardant en face.]

Ô ministres intègres! Conseillers vertueux! Voilà votre façon de servir, serviteurs qui pillez la maison! Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure, l’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure! Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts que remplir votre poche et vous enfuir après! Soyez flétris, devant votre pays qui tombe, fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe!

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La vie est une pièce de théâtre ne trouvez-vous pas?

Et comme au théâtre, les tombées de rideau entre les actes sont toujours dramatiques. Surtout quand cela se traduit par des pertes d’emplois. Aux États-Unis, en novembre et décembre combiné, on dépasse déjà le million d’emplois supprimés par le secteur privé.


Le double de ce que les analystes prévoyaient. Remarquez que les analystes ne prévoyaient pas de crise non plus pas plus tard que l’an passé.


Juillet 2007

« L'industrie financière a connu de véritables révolutions depuis la fin des années 1990 : sa résistance aux retournements de tendance s'est améliorée, réduisant les risques de système. Le danger d'une explosion financière, et donc le besoin de régulation, n'est peut-être pas si grand qu'on ne le pense. »
http://www.lesechos.fr/info/analyses/4604227.htm?xtor=RSS-2054


Bon. Mais comme au théâtre, tous n’ont pas le premier rôle et certains s’en tirent même avec plus leur cote part. Véritable prime à l’incompétence, voilà que les dirigeants de grandes institutions bancaires se sont vu offrir des primes de « séparations » évaluées à 18 milliards $US. Bien qu’issues de négociation d’embauche bien légitime, ces primes ont un goût amer pour les contribuables qui doivent pourtant par leurs impôts renflouer ces mêmes institutions. Il me semble que dans des cas aussi patent d’échec, on pourrait surement être en droit de s’assurer qu’on ne trouverait pas de vices dans ces clauses de contrats d’embauche. Si ces primes visent à attirer les meilleurs à ces postes de prestige, on ne peut surement pas prétendre que ces candidats, à posteriori, aient vraiment correspondus aux profils attendus. Eussent-t-ils été les meilleurs qu’on ne serait surement pas dans cette situation là à l’heure qu’il est, non?


On verra si Obama, qui qualifie ces primes « de honteux », saura être à la hauteur de ses admirateurs et agira avec les mains libres, et ce même en dépit du succès de financement qu’il a obtenu pour supporter son élection. Qui sait entre l’opinion publique et la voix (lire argent!) de ses commanditaires prévaudra, le match des conflits d’intérêts risque d’être intéressant.


Moi, j’engagerais bien un avocat pour examiner les failles de ces clauses d’embauche à ces postes de prestige. Payé sur un pourcentage des primes, indument versées, récupérées, je suis sûr que je pourrais trouver le meilleur…

dimanche 7 décembre 2008

A quelle distance de la nature êtes-vous?

200 mètres? 500 km? Vous pensez probablement que je vous parle d’une distance physique jusqu’au prochain bosquet comprenant au moins une centaine d’arbres.

De la nature ou de la réalité c'est pareil. En fait, je parle plutôt de toutes les distances qui nous éloignent de la réalité et dont on ne prend plus conscience.

C’est quand la dernière fois où vous avez vu vivant l’animal d’où provient la viande votre tourtière des fêtes? Ok, peut-être pas vous personnellement, mais qui est le dernier à l’avoir vu vivant? Le caissier à l’épicerie? Le camionneur qui a livré son chargement à l’épicerie par boîte de cent tourtières? L’employé de l’usine de tourtière qui surveille la cuisson sur la chaîne de montage? L’opérateur de la machine à viandes hachées chez le fournisseur? Je ne suis même pas sûr que celui qui a débité la carcasse de viande l’a vu vivant tellement la chaîne est longue. La distance est maintenant tellement longue que je ne suis pas plus sûr non plus que les enfants citadins d’aujourd’hui ont conscience que la viande provienne d’animaux. Certains, l'apprenant, deviennent végétariens par sensiblerie exacerbée. Pauvre p’tit animal!

La distance à la réalité quand elle est connue et assumée, ce n’est pas vraiment un problème. Les astronautes qui vivent à l’année dans la station spatiale connaissent ce que veut dire la distance à la réalité. Quand on est coupé de tout apport de la nature, on sait combien on doit être attentif à tous les éléments sur lequel s’appui la vie, l’air et l’eau, la nourriture, l’énergie.
C’est une question de survie. L’ampleur du risque est comprise et gérée dès la conception. Partout où le risque devient ingérable on double et triple les équipements nécessaires. On multiplie les procédures de contrôle.

Bientôt la période des RÉER s’en vient et je me pose franchement des questions. Là aussi la connaissance sur la distance à la réalité s’impose. Si vous vous foutez d’où provient la viande de votre tourtière, peut-être vous faut-il réfléchir, un petit peu, comme moi, sur la provenance des super rendements financiers que les banques nous promettent. Est-ce que la banque tire ses profits de ses investissements dans le dépanneur du coin? Des frais faramineux de nos transactions aux guichets automatiques? Vous vous doutez bien où je suis en train de vous emmener non?

Parce que c’est justement le cœur de ce qui se passe dans la crise financière. Nous confions notre argent à des gens qui n’arrivent même plus à nous dire d’où viennent les profits qu’on espère obtenir pour consolider notre niveau de vie à la retraite, une période complètement dépendante de notre capacité de planification. Ou à tout le moins la confiance en ceux à qui nous confions le fruit de notre labeur.

La confiance, c’est le principal produit financier que nous vends les banques. Dites-moi que vous savez de quoi il est question quand on parle de produit financier comme les swaps, le CDO, les warrants. Moi je n’y comprends que dalle, mais ce sont le genre de produit financier qu’utilisent les banques pour faire des profits ou fournir des rendements dit garantis. Pourtant même ceux qui gèrent les fonds de retraites, donc soi-disant comme des pères de familles vacillent. La vente de BCE (Bell Canada) à Teachers (fond de retraite des professeurs de l’Ontario) est maintenant compromise parce que la vente de 52 milliards est garantie par des actifs qui fondent comme neige au soleil par la crise. Contrairement à la station spatiale, ici on voit le résultat quand on omet de multiplier les outils de contrôle. La dérèglementation, le marché qui sait se qu’il fait… Foutaise… Les CDO c'est justement les produits financiers en cause dans la crise, où on prète à risque de l'argent, garanti sur les hypothèques détenu par les banques sur des personnes insolvables mais dont, forcément, la valeur des maisons ne peuvent QUE aller à la hausse! Du béton quoi!

Et on en a pas fini d’accroitre notre distance à la réalité. Toutes les sortes de réalité. Aujourd’hui, il y a des gens qui connaissent mieux la géographie des territoires virtuels de World of Warcraft que les noms de rue de leurs villes. Des gens qui connaissent mieux le nom des personnages Pokémon que le nom de leur député local.

Quelque soit la distance dont on se tient de la réalité, il est important d’en connaître la teneur et les mécanismes si on veut en minimiser les risques, pour faire des choix éclairés voire en assumer les dérives. Avant de voter, avez-vous lu les programmes des partis politiques?

Et plus important encore, quelqu’un a-t-il abdiqué dans sa recherche sur savoir comment on met le caramel dans la caramilk?