dimanche 26 juin 2016

La limite de Roche

La limite de Roche est la distance théorique en dessous de laquelle un satellite commencerait à se disloquer sous l'action des forces de marée causées par le corps céleste autour duquel il orbite, ces forces dépassant la cohésion interne du satellite.
Réf: Wikipédia




Ainsi donc, même les planètes peuvent se disloquer. Cette semaine le Royaume-Uni n'a pas su résister à ses tensions internes. L'orgueil de ne plus avoir le gros bout du bâton et le refus de solidarité qu'exige l'appartenance à un groupe plus grand que soit. Jadis à la tête d'un empire où le soleil ne couchait jamais, les Britanniques cèdent à la pression des nostalgiques qui trouvent que c'était mieux dans le temps.

"I want my money back", martelait Mme Tatcher en son temps. Les riches trouvent toujours qu'ils payent toujours trop pour les états économiquement plus fragile. On croyait que ce serait la Grèce en proie avec ses difficultés qui aurait craqué en premier et se serait fait montrer la porte.

Puis la crise des migrants. C'est connu, ce sont les pauvres qui aident les pauvres. Quand le feu est à ta porte, tu te dois de l'éteindre même si ta maison ne brûle pas.

Le Royaume-Uni, plutôt que de céder au niveau des quotas de migrants, quitte dont l'Union Européenne. Un repli sur soi, un retour vers le "on étaient bien entre nous"...

Qui aurait cru que la crise du Moyen-Orient aurait fait ainsi reculer le pays de Richard Coeur-de-Lion. Qui aurait cru que les vagues des croisades d'il y a mille ans reflueraient encore aujourd'hui depuis les rives du pays de Saladin, la Syrie.

La limite de Roche, c'est la force des marées à l'échelle astronomique. C'est aussi la limite de nos failles internes.

La faille d'Achille c'était le talon. Celui des Anglais semble être l'orgueil et l'absence de générosité...

samedi 12 octobre 2013

Mais qu'est ce qu'ils en comprennent...

J'embarque dans l'autobus. Mon esprit gambade, papillonne, passe d'une idée à l'autre.
Puis je remarque des enfants, près de leur parent, qui réclament de prendre, de toucher leur téléphone intelligent. Ouin! Je veux cliquer!!


Ils sont nés après qu'on ait inventé les téléphones intelligents, après les tablettes. Mais qu'est-ce qu'ils comprennent du fonctionnement de ces outils, me surprend-je à penser...

Il n'ont jamais vu de téléphone murale à roulette. N'ont jamais vu un monde où l'internet n'existe pas. "Pourquoi Christophe Colomb n'a pas utilisé Google Map pour aller en Amérique?"

Je regarde mes collègues de travail. Il n'ont jamais vu une carte perforée. Ne se sont jamais battu avec une limite de 3k de mémoire. Ils n'ont jamais travaillé avec un terminal papier, sauvegardé leur programme sur un lecteur cassette. Que comprennent-ils du concept de compilateur 2 passes, de dump mémoire hexadécimale, d'un monde avant dBase. A mon retour aux études, au cours d'histoire de l'informatique, l'histoire des ordinateurs commençait avec les 386. Hein?!? Où sont les 8080 d'Intel, les 6502 de Motorola, les TRS-80 de Radio Shack?

Est-ce qu'on avance? Est-ce qu'on perd un peu du sens des choses à force de nouveauté, de technologie, de nuage.

Je me souviens de mon prof au secondaire, Bertrand Thibault. Il avait fait un additionneur avec des transistors. Il s'amusait avec des LED, des fils, des pinces aligators, un "tout nouveau" circuit de mémoire électronique 2102. On est en 1975.
L'année du Altair 8800 qui motive Bill Gates à fonder Microsoft. Moi, je construisait des circuits complexes à partir de circuits intégrés qu'on ne trouvais pas à l'école mais au cégep et à l'université. Ça épatait mon prof mais moi j'étais nul avec des transistors, des condensateurs et des rhéostats.

Mon oncle, quand il habitait chez nous pour ses études utilisait une règle à calcul. Objet étrange, deux bouts de bois ou de plastique, à graduation logarithmique avec un curseur transparent, d'où sortait des résultats de calcul étonnants.
Comment par ces manipulations habiles arrivait-on à des résultats comparable en vitesse à ceux que j'obtenais avec une calculatrice. Comment pouvais-je comprendre, alors que je n'en étais pas encore au logarithme à l'école. Je n'en ai jamais utilisé. L'usage s'en est perdu. Pourtant, à une époque où on enseignement plus la règle de trois à l'école, j'ai l'intuition qu'une compréhension des principes éclairerait bien des gens. Après tout, la NASA s'est rendu sur la lune avec ça.

Et que comprennent les jeunes, qui exigent des aliments bio à l'épicerie, des longues journées harassantes des cultivateurs d'autre fois. Travaillant d'une étoile à l'autre, ne pouvant que compter que sur la force de leur bras et les générosités de leurs terres en "bois deboute". Que comprennent-ils avec leur insouciance, des longs exils des pères, l'hiver, dans les chantiers, sans autre sécurité qu'une nombreuse famille pour avoir des bras pour les travaux de la ferme le printemps.

Nous vivons sur les épaules de nos ancêtres mais le sens de leur vie nous échappent. Il ne fait plus écho dans la modernité. Nous en sommes pourtant redevable. De la persévérance, de l'opiniâtreté. Par la langue et la religion, ils ont construit un rempart contre l'assimilation. Ils ont façonné une identité forte, autour d'une fièreté tissée serrée. Un peuple bâtit autour d'un "Je me souviens". Comment s'en souvenir si on n'enseigne que le comment et rien sur le pourquoi. Sans la transmission du sens, les gestes ne deviennent que rituel. Quand un jeune dans un cours d'art se voit décrire un tableau de Théodore d'Aligny en disant: deux hommes se baignant dans la rivière, alors que n'importe qui ayant un minimum d'éducation sauraient reconnaître le baptême de Jésus, on peut dire qu'il y a un maillon de la chaîne qui n'a pas fait son travail.


Bien sûr qu'il y a eu le refus global, la révolution tranquille, la sécularisation des institutions. Mais la lobotomie de l'histoire n'aura jamais de bienfait. L'histoire ne peut pas qu'être raconté seulement par ceux qui se sont "émancipé" du lourd fardeau des anciennes croyances, selon eux. Ils y a aussi les autres qui, par respect, se sont tue devant leur révolte, le temps que les blessures s'atténuent. Mais les croyants ont leur mot à dire sur leur vision du monde. Tout n'est pas tout noir, rétrograde, dépassé. C'est aussi vivant, actuel, porteur d'avenir. Et faut que ce soit dit aussi.

Parce qu'ensuite, les générations suivantes, qu'en comprendront-ils sans une transmission des clés d'interprétation.

Quand j'étais petit, mon oncle Michel me racontait une histoire. C'est un jeune papillon, un jour de printemps, qui demande à son grand-père comment c'était dans son temps. Oh, dans mon temps, il y avait de la neige partout, il faisait froid tout le temps, le soleil était couché dès 4h30 l'après-midi. Le jeune papillon regardant les fleurs, les champs verts, sentant la brise chaude l'emporter, s'écrit: Heille! Y capote le grand-père. De la neige toi! Sénile tu dis!


La réalité est plus longue qu'une seule vie. Mais comment comprendre sans référent, sans contexte, sans un devoir de mémoire...

dimanche 16 décembre 2012

Blessure d’enfance

On le sait, les blessures d'enfance sont les plus difficiles à guérir. Elles impriment les traumatismes les plus profonds, et influencent le plus les comportements et les choix de ceux qui pourtant n'en sont qu'au début de leur vie.

On ne peut qu'imaginer les conséquences des enfants survivants des tueries comme celle de l'école Sandy Hook de Newtown au Connecticut. Vivre dans un lieu qui jusque là était associé avec la sécurité. Un lieu où se construisait tous les liens humains naissants. Un lieu où la plus grand peur n'était que de se faire chicaner pour ne pas avoir fait ses devoirs ou apprises ses leçons. Pas un lieu où on enjambe à la course l’endroit où reposent les corps mutilés, ensanglantés, de ses amis, de ses professeurs.

 

Un drame qui prend aussi racine d'une autre blessure d'enfance.

L’enfance d’une pays, une naissance qui remonte à 237 ans. Les colonies de Nouvelle-Angleterre avait très mal réagit quand la mère patrie, la Grande Bretagne tentait d'imposer de nouvelles taxes spécifiquement pour les colonies. D'abord par le biais de timbre-fiscale, du sucre et la mélasse, puis la fameuse taxe sur le thé qui a mis le feu aux poudres à Boston. Depuis lors, ces futurs américains ont toujours craint les abus de pouvoirs de l'état. Obsessif de liberté, tout pouvoir est une menace. On peut même dire que la démocratie américaine a été modelé sur l'idée de donner au peuple suffisamment de pouvoir pour se prémunir contre le pouvoir des dirigeants, même les leurs.

Évidemment, ne quitte pas l'autorité britannique qui veut. Et c'est ainsi que la révolution nait. Une révolution qui s'arme, contre le pouvoir britannique. La milice révolutionnaire a besoin d'armes, de beaucoup d'armes. Elle en manque cruellement. À tel point que les soldats doivent utiliser leurs propres armes au besoin.

C'est le sens que prend le second amendement de la Constitution américaine. L'arme personnelle est le dernier rempart du citoyen contre l'usage abusif du pouvoir des dirigeants. Tous les pouvoirs, dû-t-il être le gouvernement américain lui-même.

Ne fait confiance à personne pour te protéger, toi, ta famille, ta liberté. Pas même ton gouvernement, ton armée, tes voisins. Il est là la blessure de l'enfance d'un pays qui se nommera États-Unis d'Amérique. L'arme est le symbole du droit absolu de se défendre. Ils l'ont inscrit dans la Constitution dans le second amendement. Nul ne leur retirera ce droit. Ce droit!

"From my cold dead hands", haranguera Charlton Heston, la carabine à la main dans un congrès du NRA, le National Riffle Association. On devra me prendre mon arme des mains de mon cadavre, si on porte atteinte à mon droit de protéger ma liberté.

Toute législation visant le contrôle des armes à feu, à la lumière de l'histoire, devient suspect. Elle devient le signe d'un pouvoir qui chercher à empêcher le citoyen de se défendre. Et on se braquera encore plus.

Plus d'armes... plus d'armes pour se protéger de ceux qui ont des armes. Tel est le paradoxe. Tel est l'obsession maladive des Américains pour les armes. Ils sont encore au Far West où le sheriff le plus près à quatre jours de cheval. Trop loin pour les protéger. "Si j'avais eu mon arme dans le cinéma quand la tuerie a eu lieu...", se disent-ils.

Plus d'armes... Plus d'armes pour être sûr de se protéger le temps venu.

Ça ressemble à une maladie mentale nationale... Une vision en effet tunnel... Aucunes autres issues... Les tueries arrivent souvent par ceux qui ont des armes en quantité.

À Newtown, la première victime a été la mère du tueur. Les témoignages parlent de cette mère comme une adepte du "survivalisme". Survivre à tout prix, en cas... en cas de quoi? D'une révolution? D'une catastrophe? D'une invasion? D'une guerre? Les trois armes utilisées par le tueur, c'est cette mère qui les a acheté. Légalement.

Pour se protéger!

Et c'est son fils qui sera son exécuteur.

C'est même pas drôle. Les Américains s'administrent une médecine qui les tue. Ils s'agrippent à leurs fusils. Ils peuvent en acheter partout. Ça se vend même au Wal-Mart!!

Les tueurs sont des blessés, oui. Des blessés par l'histoire même de leur pays. Une blessure d'enfance qui se perpétue.

Neuf enfants meurent par arme à feu par jour aux États-Unis. Neuf par jour! 57 enfants par jour "ne sont que blessé". Les vingt de Newtown, c'est juste une grosse journée...

Plus d'armes... Comme une maladie qu'ils se transmettent de générations en générations. Une maladie fondatrice de la nation. Une maladie qu'ils doivent guérir, comprendre, maitriser, apaiser.

S'ils veulent survivre...

samedi 28 juillet 2012

Chut!

Ah! Le bruit des villes...

Vous vous approchez de quelqu'un et vous lui dites: “cggrub grxr ordtyv!”
- ”Quoi? Je n'ai pas compris!”, vous dit-elle, la main en cornet autour de l'oreille.
- “J'ai dit, cggrub grxr ordtyv!”
- ”PARLEZ PLUS FORT, JE N'AI PAS ENTENDU!”

Parler plus fort, n'est-ce pas là le réflexe normal dans le brouhaha de la ville? Et si c'était le contraire qu'il fallait faire?

Parler plus fort c'est essayer de passer par-dessus ce qui nous entoure, c'est faire fi du désir des autres d'être entendu. Et puis ça décourage de s’engager dans des explications interminables, voire faire des simplifications réductrices. La persuasion plutôt que la négociation.

Parler moins fort, c'est inciter aux rapprochements, inviter à la confidence. Donner la chance d'atteindre un niveau de conversation où les raccourcis de pensée, les clichés et les lieux communs ne se sentent pas à l'aise. Un niveau où la vérité de relation s'établi.
Ce n'est pas pour rien que le marketing et la réclame publicitaire occupe les niveaux sonores les plus hautes. C'est pour occuper toute la place. En stratégie publicitaire, on emploi le terme de saturation.

Parler moins fort, c'est inviter à la profondeur. C'est promouvoir le dialogue, la réflexion. Les niaiseries, elles, flottent à la surface, s'accumulent, s'amoncèlent, finissent par scléroser le courant des idées. Parler moins fort, c'est permettre à plus de gens de parler, de s'exprimer, ça permet la rencontre d'une multitude de points de vue.

On a deux oreilles. C'est pour entendre ceux qui n'ont plus de voix, ceux qui n'en peuvent plus de crier. Crier plus fort, c'est l'apanage de ceux qui ont les moyens, les moyens de faire fi des désirs des autres. Il t a ceux qui ont les moyens de se faire placarder leurs visages sur tous les poteaux de la planète, et ceux qui, en silence, n'ont plus les moyen de faire autrement que de tendre la main le long des trottoirs de la ville.

Faire le silence, ce n'est pas fuir à l'abri des autres. C'est au contraire se mettre à leur portée, de cesser de courir, et de se laisser rattraper par le vrai. C’est aussi prendre son temps. Le temps de dire, d’entendre, de comprendre, de réfléchir. Prendre le temps pour l’autre.

Chut! Parlons!

lundi 2 juillet 2012

La fatigue des choix

Crémeuse ou traditionnel? Une table ou une banquette? Au bar ou salle à manger? Cuisse ou poitrine? Portion modéré ou régulière?

Damné choix…

C’est dans ces petits moments là que tu te rend compte que tu es plus fatigué que tu penses.

Petite tranche de vie: Je vais dans un Tim Hortons et je me place dans la file pour commander. Devant moi, un femme regarde le menu accroché derrière le comptoir, elle hésite… Puis après un moment, elle se place de côté et me dit: “passez devant, je n’ai pas fais mon choix”. Merci. Je commande un café et un muffin. La serveuse me regarde, et ses mains oscillants comme pour marquer l’attente d’une suite à ma commande, rétorque: “et… quelle taille?”

Quelle taille le café? Awwww! S.v.p. ne me faites pas réfléchir là, je suis fatigué. Quelle taille, quelle taille? Ordinaire quoi! Je regarde le menu à mon tour et je constate qu’il y a cinq tailles disponibles… Cinq tailles disponibles!! Très petit, petit, moyen, grand, très grand!

Misère, pourquoi vous me faites réfléchir là?

C’est pour ça que je veux un café et un muffin. Parce que je suis fatigué. Parce que je ne réfléchis plus droit.

Je n’ai pas envie d’un introspection exhaustive. J’ai soif? Un peu? Beaucoup? À la folie? C’est quoi la correspondance en millilitres du breuvage et la dose de caféine qui va me remettre en selle? Latté, expresso, cappuccino, vanille, cannelle, … Fouille moi! Je le sais-tu moi?

Awwwwww! J’veux juste un café!

J’allais dire comme d’habitude mais le café ce n’est pas vraiment une habitude pour moi.

Pourquoi, il n’y a pas de valeur par défaut. Avant on disait “régulier”, pas “moyen”. En informatique, quand un choix est offert à l’utilisateur, il est d’usage d’initialiser les cases d’un formulaire avec des valeurs par défaut. Une valeur qui n’est pas dans les extrêmes, une valeur qui a toutes les chances d’être la bonne. Le choix est toujours possible. Mais au moins, en l’absence d’une décision réfléchie le système aura une valeur  pour fonctionner correctement et ce fonctionnement sera “comme d’habitude”. Rien d’hors norme.

C’est fatiguant choisir, décider. Plus le choix est irréversible, définitif, plus le choix est fatiguant. On appelle ça la fatigue décisionnelle. Et plus on décide moins nos décisions sont bonnes.

Décider, ce n’est pas rien. Saviez-vous qu’il y a la même racine étymologique entre décider et homicide? Du latin, “caedere”, qui veut dire trancher, tuer. On tue des possibilités. Et comme tout ce qui est irrévocable, ça demande un énergie mentale qu’on n’a pas à l’infini. Ça use le mental.

Pourquoi au Tim Hortons, ils ont cinq tailles de café, dites-moi? Un café “régulier” ça n’est plus suffisant? Il n’y a plus assez d’adepte de la taille “régulier” pour obliger chaque client, tous et chacun, à choisir la taille qu’il désire? Petit et régulier ce n’est plus suffisant comme taille? Ne pas choisir veux maintenant dire pas de café finalement? Il faut cinq tailles différentes? Et ce pour chacun des autres choix du type latté, expresso, cappuccino, allongé, vanille?  Ou bêtement café ordinaire?

Ils peuvent bien avoir réduit les caractères sur leur menu derrière pour “rentrer tout ça”. Je songe sérieusement à changer de lunettes pour réussir à déchiffrer une pareille grille de décision. Ça prend déjà plusieurs secondes rien que pour localiser la section “café”.

Quand je fais la conception d’une nouvelle interface d’un logiciel, c’est fou le nombre de décisions qu’il y a prendre. Pas juste la grosseur des caractères, et la position des champs de saisie. C’est aussi dans le design de “l’expérience utilisateur” qu’il y a le plus de travail. Le choix du schéma mental que sous-tendra le fonctionnement d’un écran, sa logique interne, c’est souvent les choix les plus définitifs qu’on a à prendre, et ce, avant même d’avoir écrit une seule ligne de code. C’est la partie la plus fatigante car la plus définitive. L’interface, c’est une zone sensible pour les utilisateurs. “Woua! Pourquoi ils ont changé mon programme? Avant, telle option était accessible directement et maintenant c’est trois menus plus creux! Ça prend x clics de plus! J’ai pas juste ça à faire réapprendre à utiliser le logiciel moi!”

C’est le syndrome, ajouter c’est ok mais modifier jamais! Plus de fonctionnalités oui, plus de complexité non!

Ça marchait bien AVANT!

C’est pour ça que lorsqu’on change quelque chose, on ajoute des choix mais, surtout, surtout, on met une valeur par défaut. La valeur de ce que ça faisait AVANT quand on n’avait pas à faire le choix! C’est moins cher en énergie d’acquiescer la valeur par défaut que d’avoir à re-choisir la même valeur qu’on avait avant. Choisir à répétition, ça brule de l’énergie. Ça fatigue…

“Combien de sucre et de crème?”… Je réponds: “crème seulement”…

Pourquoi j’obtiens encore le mosus de même regard de la serveuse? “Une crème, deux crèmes,… dix crèmes?”

Pourquoi “un” c’était pas une valeur par défaut!! Quel pourcentage de la population met dix crèmes dans son café, veux-tu bien me dire? Pourquoi me forcer à choisir, la même valeur par défaut qu’avant?

UneCremePasDeSucre

Misère!!

Qu’une niaiserie comme ça m’irrite à ce point me montre à quel point je suis fatigué.

Vivement que je prenne des vacances…

“Pis? Tu t’en vas où en vacances?”

Awwwwww!!! Des vacances… juste des vacances…

Des vacances c’est pour ma pauvre tête. Après, on verra où finalement ça s’est passé..

mardi 1 mai 2012

20,000 lieues sous la mer de clics

Devrait-on dire socionaute ou réseaunaute quand on navigue depuis quatre ans sur l’incontournable Facebook? Quatre ans déjà? Il a eu bien des visages ce fameux océan où se côtoient d’innombrable hurluberlus, où s’épanchent les états d’âme éphémères, et où se mitraillent sans fin les clins d’œil complices.

Poke!!

Veux-tu devenir mon ami? Te souviens-tu on allait à la maternelle ensemble? Qu’est-ce que tu fais de bon? Ah oui? Ah bon!

Oui, ce réseau a eu bien des visages.

 

Il y a eu le foisonnement des tests psycho-pop. Quelle fleur es-tu? Que signifie ton nom en amérindien?  Biscuit chinois du jour. Test de Q.I. Quel personnage de Star Wars te ressemble le plus? Lequel de tes amis est compatible.

 

 

Une véritable anarchie d’encadrés disparates. Il faillait voir tous les choix de designs que les concepteurs ont imaginés avec le temps.  Puis dans un petit coin, un mur…

Petit, petit mur. Il a grandi, grandi, le petit mur. Tellement grandi, qu’il a relégué l’aspect Profil et Information de l’abonné en arrière plan. Même la liste des amis a fini par cédé. Le statut est devenu roi. Exprimez-vous!!

ExprimezVous

Enfin, on allait enfin apprendre un peu plus sur la personnalité de nos amis. Leur humour, leur esprit, leurs préoccupations, leurs occupations…

“Hum, rien à faire aujourd’hui. Quelqu’un a une idée?”… “Rien ne sert de courir, on peut prendre l’autobus”… “Barbecue en fin de semaine, préparez vos extincteurs”… “Menoum, menoum, du bon sushi!”

Clic… Clic… Clic… Clic.. J’aime… J’aime… J’aime… J’aime…

Puis, apparaissent les avis plus intéressés. Ceux qui mélangent les amitiés et occasions d’affaires. Et je te vend une maison ici, et j’annonce mes invités à mon émissions de radio là, et que je te refile les communiqués officiels de mon associations. C’est drôle, mais je croyais m’être abonné à une personne, pas une entreprise ou un agence de presse.

Et les You-Tube…

L’avalanche de liens You-Tube, des liens, des liens et des liens You-Tube. Sans aucun commentaire. Pas un petit mot sur le pourquoi cette toune-là te touche. Pas une petite présentation sur l’artiste, le concept, sur la raison pour laquelle ça devrait m’intéresser. Communiquer c’est partager une idée, rendre commun une expérience, mais surtout fournir la clé qui permet de décoder et comprendre ton point de vue sur cette œuvre. Poster une vingtaine de liens You-Tube en quinze minutes? Coudonc, es-tu en train de jouer au D.J.? Bonjour mon ami jukebox?

Fais moi entrer dans ta tête!!

Juste un LOL en guise de légende à une photo, c’est pas assez…

Donne moi une raison pour lire l’article! C’est ton point de vue sur l’article qui me fait cliquer sur J’aime. C’est ce que j’apprend sur tes intérêts qui me fait cliquer sur J’aime!

Soyez créatif! Parlez de vous!

Ne soyez pas le 4,059,484 ième à parler de Charest et la grève étudiante! Je les regarde aussi les nouvelles!!

Lâchez les copier/coller! Mon publisac en est déjà plein à rebord de patantes que j’envoie au recyclage direct sans regarder.

Soyez créatif! Ne me donnez pas envie de modifier votre visibilité sur mon fil d’actualité.

FilActualite

Faisons du mois de Mai, le mois de l’originalité, la créativité… Faisons des nouvelles de nous, soyons les vedettes de Facebook… Les autres nouvelles peuvent attendre. Cultivons le gout de nous!

Naviguer dans les tréfonds des réseaux sociaux, c’est jouer un peu au capitaine Némo. Découvrir des trésors de paysages, faire des rencontres inspirantes, au hasard des clics. Un écran de verre nous sépare et nous prive de bien des échanges directs mais profitons des interstices forgées par les sillons des statuts pour faire circuler au moins quelques clins d’œil complices et des lueurs fugaces des amitiés, entretenues et chéris, par delà les espaces virtuels.

samedi 21 avril 2012

Il y a cent ans, le Titanic… orgueil et gouvernance

On se remémore la tragédie, on célèbre un évènement historique… après tout, c’est l’Histoire. Et l’Histoire, c’est sensé être le grand donneur de leçon.

Leçon pas juste pour faire la morale. Mais pour s’éviter de souffrir à nouveau quand les mêmes décisions, les mêmes actions, les mêmes conditions se présenteront.

Le plus grand navire du monde s’élance pour son voyage inaugural, sous les yeux ébahies, étendard de tous les rêves.

Rêve ou orgueil?

Parce que ce n’est pas le rêve qui l’a fait couler. C’est l’orgueil bardé d’un manque d’imagination et poussé par l’appât du gain.

L’orgueil: Le plus grand danger quand tu réussi souvent c’est de croire pouvoir réussir tout le temps…

Le manque d’imagination: Qu’est-ce qui pourrait bien arriver? On ne voit rien à l’horizon!

L’appât du gain: Imagine les possibilités du marché si tu pousses les machines à fond et que tu arrives deux jours avant l’horaire prévu!!

Et puis vlan!

C’est comme pour les gouvernements.

On se construit les plus gros outils du monde, capable de prendre en main la destinée d’une population, de répondre à ses aspirations, ses rêves. Plus c’est gros plus il se donne les moyens. Des moyens qui finissent par faire l’envie de faire affaires avec lui. Les “amis” s’accumulent, espèrent, “suggèrent” des directions à prendre. La vision première se corrompt et sert d’autres intérêts… L’appât du gain est maintenant au gouvernail.

C’est un processus qui ne fait pas que des heureux. Cela sème des petits icebergs de mécontentement.

Mais, “bah! Qu’est-ce qui pourrait arriver? On a l’argent, les “amis”, l’influence. C’est nous qui décidons!”. L’orgueil qui se pavane avec son manque d’imagination…

“Anne, ma sœur Anne! Ne vois-tu rien venir?
Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie”

Il y a déjà un inquiétude… Quand même. On a pas l’esprit tranquille et ça ne pourra pas continuer comme ça longtemps. Après tout, il commence à y avoir pas mal de petits icebergs qui flottent au hasard. “Bizarre, ils ne fondent plus aussi vite qu’avant? Y aurait-il un froid qui persisterait entre nous?”

Et à force de piger dans la jarre à biscuit, quelqu’un finirait bien par remarquer qu’elle se vide.

 

 

 

“Et si on s’achetait des nouveaux amis? Vendons un peu de notre patrimoine à tout venant. Appelons ça – Le plan Nord! On s’est planté avec le gaz de schiste alors essayons avec quelques choses de plus traditionnel, le minerai… Take the money and run!!”

“Ne vous inquiétez pas! On a pensé à tout!!”

En chimie, il y a un phénomène qu’on appelle la précipitation et la cristallisation. Quelques fois les conditions sont latentes et un petit choc causé par un élément étranger peuvent induire. dans un équilibre “apparent”, un grand mouvement violent qui peut amener l’avènement de toute une nouvelle structure.

Un petit choc, genre “haussons les frais dans l’éducation”…

Et vlan!

barbe bleue carre rouge“Anne, ma sœur Anne,
Tu ne l’avais pas vu venir
que Barbe bleue
tanné que tu joues dans ses affaires
porterait aussi le carré rouge?

Et que la prochaine élection
pourrait devenir ta guillotine?

Reste à espérer
que tu as maintenant assez d’amis
pour te payer un beau coussin
où reposera confortablement
ta tête…”

Et si ta tête se retrouve un jour sur un billet de banque, auras-tu encore ce petit sourire en coin?

C’est pas parce qu’on est petit, qu’on peut laisser se faire manger tout rond tout le temps

 

Quand viendra l’heure du naufrage, est-ce que Céline Dion chantera au générique?