samedi 21 avril 2012

Il y a cent ans, le Titanic… orgueil et gouvernance

On se remémore la tragédie, on célèbre un évènement historique… après tout, c’est l’Histoire. Et l’Histoire, c’est sensé être le grand donneur de leçon.

Leçon pas juste pour faire la morale. Mais pour s’éviter de souffrir à nouveau quand les mêmes décisions, les mêmes actions, les mêmes conditions se présenteront.

Le plus grand navire du monde s’élance pour son voyage inaugural, sous les yeux ébahies, étendard de tous les rêves.

Rêve ou orgueil?

Parce que ce n’est pas le rêve qui l’a fait couler. C’est l’orgueil bardé d’un manque d’imagination et poussé par l’appât du gain.

L’orgueil: Le plus grand danger quand tu réussi souvent c’est de croire pouvoir réussir tout le temps…

Le manque d’imagination: Qu’est-ce qui pourrait bien arriver? On ne voit rien à l’horizon!

L’appât du gain: Imagine les possibilités du marché si tu pousses les machines à fond et que tu arrives deux jours avant l’horaire prévu!!

Et puis vlan!

C’est comme pour les gouvernements.

On se construit les plus gros outils du monde, capable de prendre en main la destinée d’une population, de répondre à ses aspirations, ses rêves. Plus c’est gros plus il se donne les moyens. Des moyens qui finissent par faire l’envie de faire affaires avec lui. Les “amis” s’accumulent, espèrent, “suggèrent” des directions à prendre. La vision première se corrompt et sert d’autres intérêts… L’appât du gain est maintenant au gouvernail.

C’est un processus qui ne fait pas que des heureux. Cela sème des petits icebergs de mécontentement.

Mais, “bah! Qu’est-ce qui pourrait arriver? On a l’argent, les “amis”, l’influence. C’est nous qui décidons!”. L’orgueil qui se pavane avec son manque d’imagination…

“Anne, ma sœur Anne! Ne vois-tu rien venir?
Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie”

Il y a déjà un inquiétude… Quand même. On a pas l’esprit tranquille et ça ne pourra pas continuer comme ça longtemps. Après tout, il commence à y avoir pas mal de petits icebergs qui flottent au hasard. “Bizarre, ils ne fondent plus aussi vite qu’avant? Y aurait-il un froid qui persisterait entre nous?”

Et à force de piger dans la jarre à biscuit, quelqu’un finirait bien par remarquer qu’elle se vide.

 

 

 

“Et si on s’achetait des nouveaux amis? Vendons un peu de notre patrimoine à tout venant. Appelons ça – Le plan Nord! On s’est planté avec le gaz de schiste alors essayons avec quelques choses de plus traditionnel, le minerai… Take the money and run!!”

“Ne vous inquiétez pas! On a pensé à tout!!”

En chimie, il y a un phénomène qu’on appelle la précipitation et la cristallisation. Quelques fois les conditions sont latentes et un petit choc causé par un élément étranger peuvent induire. dans un équilibre “apparent”, un grand mouvement violent qui peut amener l’avènement de toute une nouvelle structure.

Un petit choc, genre “haussons les frais dans l’éducation”…

Et vlan!

barbe bleue carre rouge“Anne, ma sœur Anne,
Tu ne l’avais pas vu venir
que Barbe bleue
tanné que tu joues dans ses affaires
porterait aussi le carré rouge?

Et que la prochaine élection
pourrait devenir ta guillotine?

Reste à espérer
que tu as maintenant assez d’amis
pour te payer un beau coussin
où reposera confortablement
ta tête…”

Et si ta tête se retrouve un jour sur un billet de banque, auras-tu encore ce petit sourire en coin?

C’est pas parce qu’on est petit, qu’on peut laisser se faire manger tout rond tout le temps

 

Quand viendra l’heure du naufrage, est-ce que Céline Dion chantera au générique?

jeudi 2 février 2012

M. le sénateur Boisvenu, j’ai honte…

J’ai honte…

Honte d’être représenté par quelqu’un comme vous.

« Moi, je dis toujours, dans le fond, il faudrait que chaque assassin aurait le droit à sa corde dans sa cellule, il décidera de sa vie. » [P. Boisvenu 2012]

C’est connu, la vie vous a plus que blessé. La vie vous a arraché vos enfants. C’est tragique. Inadmissible…

Je vous reconnais le droit de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour que des choses semblables ne puissent jamais se reproduire. De faire en sorte que la population soit consciente du caractère ignoble de ce que vous avez vécu, vous, et tous ceux qui survivent à de tels évènements. Déjà, j’avais de grande difficulté à comprendre certain de vos raisonnements

Mais il y a des propos qui sont un incitation à la haine.

Une incitation au suicide!! L’article 241 du Code criminel du Canada prévoit une peine de quatorze ans de prison pour ça.

Ici on ne parle pas d’un petit clin au coin de la rue, un quidam, un frustré en conversation privé.

Non! On parle d’un sénateur, membre du Sénat canadien, en pleine entrevue média, caméra sur votre tête plein cadre à la télé. Un sénateur! Dans l’exercice de sa fonction! Nommé pour passer en revue, en second regard, les lois votées par le parlement. Nommé en tant que sage, situé hors des passions des débats de la politique démagogique.

Vous vous êtes rétracté? J’ai beau écouter en boucle toutes les entrevues que vous avez faites ensuite. Je n’entend pas de rétractation.

Pas un “mes propos ont dépassé ma pensée”… pas un “j’ai été mal cité”…

“Je reconnais que mes propos sont inappropriés dans le cadre de mes fonctions de sénateur”, dit-il. Il ne nie pas que c’est son opinion personnel. C’est un aveu que, soit son opinion n’est pas approprié qu’il doit en changer, soit c’est sa conviction profonde et il est inapte à assumer sa fonction correctement. Il a droit à son opinion.

Sauf que par sa fonction de sénateur, ce n’est pas en tant que citoyen qu’il entérine les lois.

Peut-être devrait-il réfléchir… Se demander si sa blessure de vie, lui permet d’avoir un recul suffisant pour l’exercice de sa fonction. Peut-être que sa blessure le rend inapte à continuer à représenter les canadiens. Bien sûr, M. Harper peut trancher. Mais M. Boisvenu a le devoir d’interroger sa conscience, de décider de sa vie politique.

Parce que la haine, la colère, la rage sont de très mauvais instruments pour se construire une vision sur l’avenir. La vengeance, même transposée, est un feu qui dévore. Peut-être qu’en redevenant simple citoyen, M. Boisvenu pourrait enfin retrouver ses moyens. Se défaire de ses conflits intérieurs qui le minent.  Retrouver sa dignité.

Il pourra alors redécouvrir la prière de saint François…

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer, car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. [saint François d’Assise]

Peut-être devrait-on constituer un registre fédéral de manière à recenser où sont les cordes dans les prisons et quels sont ceux qui en font la distribution.

Et dire que la première chose qu’on fait quand on procède à l’incarcération d’un individu, c’est de lui retirer cravate, ceinture, lacets de chaussure… Justement au cas où…

mardi 2 août 2011

Le silence n’est plus d’or

A-720… Un numéro anonyme…

Autoroute Ville-Marie, tunnel Viger c’est déjà plus parlant. On sait dès lors qu’il s’agit d’une artère vitale dans la vie du centre-ville de Montréal.

Comme pour toutes les artères d’un corps humain, quand l’artère se bouche c’est la crise, l’urgence, la panique. On se tourne alors vers les autorités compétentes pour nous sortir du pétrin, pour nous expliquer ce qui se passe vraiment, pour nous rassurer.

Techniquement, la politique c’est ça. La politique c’est l’art de la parole. Parole de discussion, parole de négociation, parole de coordination. Parole d’une vision aussi. Parce que ce qu’on veut de la classe politique c’est d’être au dessus de la mêlée. Pas au-dessus parce qu’ils sont des gens importants, des gens puissants. Au dessus, parce qu’on leur demande d’avoir de la vision, de savoir où ils vont, mais surtout pour qu’ils puissent répondre de leur vision et leurs actions. C’est le mandat qu’on leur confie à chaque élection.

Comme Yvon Deschamps disait: les politiciens sont des gens responsable. Quand ça va mal, ils sont toujours responsables de ce qui nous arrivent.

Responsable, du latin responsus, répondre de ses actes.

Répondre, c’est parler.

Malheureusement, aujourd’hui les politiciens sont bilingues, mais de bilingues dysfonctionnels… Leur langue naturelle c’est la langue de bois. Une langue réflexe…

Une langue qui se veut rassurante… à ce qu’il parait.

Mais c’est plutôt une langue méprisante. Méprisante quand les politiciens pensent que la population n’a pas la maturité pour comprendre les vrais enjeux. Méprisante parce que c’est la population qui leur a donné mandat de gouverner et que par conséquent c’est nous leur boss. C’est à nous qu’ils ont justement à répondre. C’est leur job de nous répondre.

La langue de bois, c’est le subterfuge pour masquer la culture du silence. Cacher le résultat des rapports d’ingénieurs sur l’états des infrastructures, sous prétexte que c’est trop technique pour la population c’est méprisant. C’est sûr que je ne suis pas ingénieur. Je ne comprend pas tout sur le béton précontraint, les subtilités des résistances des matériaux, les stratégies de routage de la circulation automobile en milieu urbain. C’est pour ça que le langage utilisé pour communiquer avec nous est crucial.

Mais juste dire “Le tunnel est sécuritaire” quand une poutre de 25 tonnes est tombée, c’est un peu court. Il n’y a pas eu de mort juste parce qu’il n’y avait personne en dessous à ce moment là.

Dire “la structure est inspectée régulièrement” quand des morceaux de béton tombent du pont Mercier et qu’on voit à travers, c’est un peu court aussi. Régulièrement, ça peut vouloir dire une fois par dix ans.

Commander des rapports, c’est une chose. Ensuite il faut les lire et en rendre compte. À l’école, on avait des devoirs comme ça, lire des livres. Mais comme il ne suffisait pas de les lire, le professeur nous demandait de faire des résumés pour s’assurer, un qu’on les avait lu, deux qu’on avait compris l’histoire, trois qu’on pouvait en tirer des leçons.

Peut-être qu’on devrait faire passer des examens aux politiciens pour savoir s’ils les ont lu, s’ils ont compris et surtout s’ils sont capable d’en tirer une leçon… et surtout s’ils ont un plan d’action pour corriger les failles que ces rapports ont décelées. C’est ça, en rendre compte. C’est ça, répondre, être responsable.

Dans le domaine des plans d’action, le silence n’est jamais un allié politique. La langue de bois non plus.

La prudence politique, ok, d’accord.

Mais le silence non.

Le silence n’est jamais une bonne “réponse” quand on est “responsable”.

Le silence n’est pas toujours d’or… Le silence ça révèle quelque fois une étonnante pauvreté. Une grande pauvreté de confiance envers ses interlocuteurs.

Et la confiance, c’est le principal ciment (ou béton) de la vie politique. Là aussi, il y a des grandes poutres qui tombent.

mercredi 27 juillet 2011

Faire un jardin pour y faire pousser des idées

Quand on pousse une idée jusqu’au bout, comment sait-on qu’elle est vraiment au bout?

Avait-on une idée du bout? Ou ce bout n’était que la limite, l’horizon au-delà duquel notre vision perd pied?

Y a-t-il un horizon quand on met les choses à plat ou la planète des idées a une dimension qui nous permettrait de nous y mettre en orbite? Et si les idées peuvent graviter, comme pour les satellites, à quelle vitesse doit-on aller pour décoller et échapper à son attraction?

Révolution! Rêve aux solutions!

Et si au contraire, la planète des idées était plate, y a-t-il derrière l’horizon des monstres et des précipices qui accueillent les infortunés explorateurs.

Écrire c’est un peu ça. Faire voyager les idées. Voir si au bout des idées on y rencontre des choses. Quelques fois des choses qu’on avait au départ, mais qui par habitude ne se démarquaient plus de notre quotidien.

Les vacances aussi c’est un peu ça. S’arrêter un peu. S’arrêter pour se laisser rattraper par les choses après quoi on court sans relâche. Les choses qui nous sont chers sont souvent comme ça. Comme un horizon qui s’éloigne au fur et à mesure qu’on avance. Mais qui se rapproche quand on s’arrête.

Comme le temps qu’on perd à essayer d’en gagner.

Des fois, pour avoir du temps… il faut juste s’arrêter de courir après.

Prendre son temps… Ça on ne met jamais ça sur sa check list. Pourtant, ça, c’est important.

Quand le sage montre une étoile du doigt, l’idiot regarde le doigt. C’est simple et compliqué en même temps ça.

Quand on écrit, comment voit-on vers où le doigt pointe? Joue-t-on à l’idiot quand on s’attache au texte plutôt qu’à l’esprit du texte?

L’écrivain peut-il aider l’idiot qui regarde ailleurs ou a-t-il tort, comme tous les absents, d’essayer de ramener l’idiot à son texte? Et si l’idiot faisait la découverte d’une nouvelle manière d’interpréter ses écrits.

Le sage montre du doigt… mais si le sage montrait du doigt un autre doigt qui pointe? Serait-il moins sage?

Y aurait-il là une méta-sagesse… ou juste une double idiotie?

Révolution… Rêve aux rêves…

Assis dans un fauteuil de la Grande bibliothèque nationale cette après-midi, je regardais par la fenêtre. Un livre parlant d’Héraclite d’Éphèse sur les genoux. Une sorte de Montaigne grec avant l’heure. Des questions, des réflexions. Et je regarde par la fenêtre, l’esprit vaguant au loin. Regardant à l’horizon la naissance d’un nuage. Comme un trouble sur le fond du ciel, puis une ligne. Le nuage se dessine, se précise, s’amplifie. Puis comme il est venu, s’amenuise, se dilue lentement. Puis le fond bleu reprend ses droits.

NuageDilue

Comme le nuage, les idées naissent, et se diluent. Il faut du temps pour voir passer le phénomène. Dans le ciel, comme dans la tête…

Ça sert à ça les vacances. Avoir le temps pour voir passer le temps. Avoir le temps d’avoir des idées… Avoir du temps pour les laisser aller…

Avoir le temps pour son jardin intérieur… et y faire pousser sa vie…

vendredi 24 juin 2011

Au revoir, navette

Plus que deux semaines… 135 voyages sur 282 jours à parcourir plus de 18 millions de km.

Le 8 juillet prochain sera le dernier voyage d’une navette américaine. Atlantis est son nom et, après son retour, prendra sa retraite au musée du centre spatial Kennedy. Une page d’histoire spatial d’un peu moins de 30 ans se tourne.

Tant pis pour les six membres d’équipage de la station spatiale. Ils devront revenir sur Terre autrement. Et le autrement, ça ne peux être que les russes par le temps qui courent. Les Japonais ne sont pas encore capable de faire le taxi. Le seront-il avant la fin projetée de la station spatiale en 2020?

De quoi aura l’air la suite? Y aura-t-il une suite? La Lune? Mars? Astéroïdes? RIen pantoute?

Comme dirait Lucky Luke

“I’m a poor lonesome shuttle.
I’m a long long way from home
And this poor lonesome shuttle
Has got a long long way to roam
From dawn till day is done
My horse and me keep riding
Into the setting sun”

lundi 20 juin 2011

Chasse à l’homme… en autobus

Règle no. 1: Tu ne niaise pas un chauffeur d’autobus.

8h30 pm. L’autobus 215 décolle du terminus de Fairview dans l’ouest de Montréal. Rendu au coin de Brunswick, deux jeunes hommes dans la vingtaine cognent à la porte du pour entrer dans le bus. Bien voyons donc! L’autobus n’a même pas d’arrêt à ce coin et en plus il n’est même pas sur le bord du trottoir mais sur la troisième voie du centre. C’est sûr qu’aucun chauffeur qui se respecte ne laissera pas entrer personne là. Après avoir fait signe que non aux individus, ceux-ci s’élancent à la course, traversent le boulevard St-Jean (sur la lumière rouge) et vont jusqu’à l’arrêt suivant 150 mètres plus loin.

Essoufflés, mais arrivant avant le bus, ceux-ci montent. Le premier valide son passage avec sa carte Opus. Le second fouille dans ses poches. Je suis au second banc devant et je vois la scène. Continuant de faire semblant de chercher dans ses poches, il appelle son copain à sa rescousse. L’air de rien, celui-ci glisse sa passe de bus dans la poche de son comparse. Continuant de fouiller, il “trouve” enfin sa passe et l’agite devant la machine. Buzzzz! Buzzz!! Évidemment la machine refuse avec son voyant rouge.

Le chauffeur lui explique qu’on ne peut pas utiliser la même passe deux fois dans le même bus.

“Ah! Come on!”, lui dit le gars. “Tu mets du cash dans la fente, mon gars”, rétorque le chauffeur.

Fouille, fouille, fouille… Petite monnaie ici et là, il finit par mettre 2$ dans la machine.

“C’est trois dollars, mon gars”.

“Ah! Tu me niaise là!”

“Non c’est toi qui me niaise”, dit le chauffeur. “Trois piastres ou pas de reçu”

“Ah, come on, là! Manque juste une piastre là!”

Évidemment, le type va rejoindre son copain à l’arrière sans payer son dû… Le chauffeur est fru mais mais que voulez vous?…

L’autobus décolle. Arrivé aux Galeries DesSources, ding, ding ding! Ça veut débarquer ces gars-là! Le chauffeur s’arrête et ouvre la porte avant. “Non, non, l’autre arrêt”

“Heille tu me niaise là?”, fulmine le chauffeur.

On ne sait jamais ce qu’a été la journée d’un chauffeur. Des fois il est souriant, d’autre fois bourru. Problème de syndicat, problème personnel, on ne le sait pas. Accumulation de friction avec les clients on ne le sait pas non plus. Toujours est-il qu’il vient toujours un moment où vient la goutte qui fait déborder le vase, qui fait qu’une journée dérape.

En arrivant à l’arrêt suivant, nos deux compères se séparent, l’un à l’avant, l’autre (celui qui lui manque une piastre) à l’arrière. Je suppose qu’il trouve que ça s’échauffe un peu. La porte s’ouvre, celui de devant se gargarise de “va chier” et d’autres expression typique, puis se retourne et crache au visage du chauffeur. Puis il se sauve en courant.

Ding ding ding!! Le chauffeur pète sa coche. L’autre derrière frappe dans la porte pour sortir. Pense-tu vraiment que tu va sortir toi là! Le chauffeur décolle en trombe à la poursuite de notre cracheur. En zigzagant pour le rattraper avec le bus, plusieurs passagers se mettent à crier de panique. Nous voici en pleine chasse à l’homme. Le type traverse en courant de l’autre côté de la rue. Qu’à cela ne tienne! Notre chauffeur continue sa poursuite, passe par-dessus le terre-plein avec l’autobus. Ça crie de plus belle dans l’autobus.

L’autobus poursuit sa course, coupant les trois voies, embarque sur le trottoir, puis la terrasse d’un bloc appartement pour s’arrêter finalement dans le stationnement. Bleu, rouge, vert, le chauffeur ouvre la porte et sort avec une barre de métal de deux pieds et demi de long après notre gars. Des passagers qui appellent, qui le 911, qui la police. d’autres qui invective le chauffeur. “Appelle là la police, c’est ça que j’veux!”

Trois voitures de police plus tard, ça se calme un peu. Je n’ai pas poursuivi ma route dans cet autobus là. J’ai préféré aller prendre un café dans la Belle Province juste à côté.

C’est agressif cette ville là. Deux petits cons qui se foutent de tout et de tous. Un chauffeur qui devrait surement prendre des vacances ou bien revoir sa carrière.

Il y a des gouttes comme ça qui font déborder les vases. On peut discourir autant qu’on veut sur le pourquoi, le comment des effets de la dernière goutte.

Faudrait se demander aussi pourquoi le verre est aussi plein, aussi! Des petites choses… goutte à goutte… qui s’accumulent.

Après ça on se demande pourquoi il y a des innocents qui se ramassent des balles perdues en pleine rue…

vendredi 17 juin 2011

La route sera longue

Occident pervers! Il ne lui suffisait pas avec son internet et son cinéma de polluer les esprits avec sa propagande d’égalité des sexes. Voilà maintenant qu’en Arabie Saoudite, dans la mouvance de la révolution arabe qui sévit un peu partout, un mouvement de protestation se forme parmi les femmes. Un geste aux conséquences sans égal…

Des femmes se mettent à conduire une voiture… en plein jour… aux yeux et aux vues de tous!

Arrrrgggg!!

Ça y est c’est la fin du monde!!

Tout est dans le regard de celui qui regarde…

A force de voir les soldates américaines conduire leurs voitures dans les rues, les saoudiennes sont maintenant tentées de vouloir les imiter. Bien que ce n’est pas interdit pas la loi, les femmes saoudienne n’ont pas la possibilité d’obtenir de permis. Il semblerait que le clergé islamique wahhabite voit d’un mauvais oeil la possibilité qu’elles pourraient ainsi sortir de chez elles et rencontrer d’autres hommes (!!) ou même quitter le pays.  Women2Drive invitait donc ce vendredi 17 juin toutes les femmes possédant un permis de conduire international de prendre le volant dans les rues de Ryad.


Women2Drive, les Saoudiennes se mobilisent via... par TV5Monde

On a beau essayer de ne pas juger les cultures, il faut dire que dans certains pays il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Ici, il y a quinze ans Eileen M. Collins devenait la première femme à piloter la navette spatiale. A quoi les américains ont bien penser!! Elle aurait bien pu quitter cette planète de fou, si l’envie lui était venue!!

D’ici là, on peut bien se permettre d’être un peu taquin… Après tout, ici elle on même le droit d’avoir des cartes de crédit.

Ça! C’est bien plus dangereux!!